Une émission de ligne ouverte contenait des insultes inappropriées et du dialogue sexuellement explicite, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 22 septembre 2006 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant un épisode de l’émission de ligne ouverte, Doc Mailloux, diffusé à l’antenne de CKAC de Montréal le 24 janvier 2006 à 13 h, lequel le Comité régional du Québec du CCNR a jugé en violation du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). 

L’émission Doc Mailloux est animée par le psychiatre Pierre Mailloux et sa coanimatrice Janine Ross. Ils prennent des appels et discutent de sujets se rapportant à la psychologie, à la sociologie et à d’autres disciplines semblables. Le sujet de l’épisode du 24 janvier, à savoir la sexualité adolescente, a donné aux animateurs l’occasion de réagir à des commentaires faits par l’acteur Bruce Willis à ce sujet, qui ont d’ailleurs été largement rapportés dans les médias. M. Willis a apparemment déclaré qu’il a averti ses filles adolescentes de ce que les garçons adolescents « pensent vraiment », notamment le sexe. Le docteur Mailloux s’est opposé à la position prise par M. Willis et a utilisé plusieurs termes déplaisants à son endroit, y compris l’expression « plein de marde ». De plus, certaines parties du dialogue comprenaient des descriptions détaillées d’actes sexuels et de la terminologie vulgaire. 

Le CCNR a reçu une plainte dans laquelle un auditeur s’est opposé aux commentaires négatifs faits au sujet de M. Willis. CKAC a expliqué que cette émission porte à controverse et que les propos du docteur Mailloux peuvent ne pas plaire à tous les auditeurs. Elle a avancé, de plus, que l’animateur n’avait pas l’intention d’inciter qui que ce soit à la haine. Le Comité régional du Québec a examiné l’émission à la lumière de l’article 6 du Code de déontologie de l’ACR, lequel exige la « présentation complète, juste et appropriée » des « nouvelles, des points de vue, des commentaires ou des textes éditoriaux ». Il en est venu à la conclusion que les remarques méchantes au sujet de l’acteur ont enfreint cette disposition pour les raisons suivantes : 

Dans le cas qui nous occupe, le Comité en vient à la conclusion que l’animateur avait entièrement le droit, et en réalité dans sa capacité professionnelle, de critiquer ce qu’a dit Bruce Wills au sujet de la sexualité adolescente. […] Le docteur Mailloux n’était toutefois pas satisfait de faire ses propres déclarations de façon détachée et professionnelle et c’est que le Comité conclut à une infraction du Code. De qualifier les propos de M. Willis de « faux » aurait constitué une critique acceptable; « plein de marde » ne l’est pas. De plus, ces propos visaient M. Willis en tant qu’individu, et même pas ce qu’il a dit. Et, l’animateur n’y est pas allé avec le dos de la cuillère : « niaiseux », « ce maudit cave-là », « ’tit casque », « un plein de soupe », etc. Même si l’une ou l’autre de ces insultes aurait pu, à elle seule, passer, la collection entière, conjuguée à « plein de marde » ne passe pas. Elles constituent une insulte péjorative et excessive à l’endroit d’une personnalité dont les commentaires anodins au sujet des garçons adolescents ne justifient aucunement une telle foucade si méchante et non professionnelle de la part d’un médecin. 

Le Comité a trouvé également qu’il y avait violation de l’article 9 du Code de déontologie de l’ACR, lequel exige que les radiodiffuseurs évitent de diffuser du contenu indûment sexuellement explicite à la radio pendant les heures de la journée : 

[I]l y avait plusieurs exemples de commentaires indûment sexuellement explicites étant donné qu’il s’agissait d’un moment de la journée où l’on pouvait s’attendre que les enfants soient à l’écoute. […] Les mentions suivantes, prises individuellement ou collectivement, dépassent les limites de l’acceptable pour une émission diffusée à ce moment-là de la journée : « fourrer une femme », « fourrer d’autres filles » (bien qu’il s’agisse d’un commentaire de la part d’un interlocuteur, le radiodiffuseur en est néanmoins responsable), « fourrer ses filles », « je me suis fait sucer, j’ai mangé le clitoris d’une femme », « le petit […] vagin va se mettre à lubrifier », la longue description détaillée qu’a donnée l’interlocuteur Alexandre sur sa première expérience des rapports sexuels, même le dialogue avec Émilie [âgée de 11 ans] au sujet des activités sexuelles de ses parents, et la description faite par l’interlocuteur Claude d’avoir « tripoté … des filles ».

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie et l’emploi de stéréotypes sexuels ainsi que la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du Code de déontologie (journalistique) adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 590 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.