Un jeu-questionnaire par téléphone a enfreint le Code en raison de son manque de transparence, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 28 avril 2010 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant la diffusion de Play TV Canada sur les ondes de Global Ontario (CIII-TV). Play TV Canada était une émission de jeu-questionnaire à laquelle les téléspectateurs appelaient dans le but d’offrir la solution à divers casse-têtes et problèmes pour gagner des prix en argent. Le CCNR a reçu de nombreuses plaintes, principalement au sujet des solutions illogiques aux problèmes de mathématiques présentés à l’émission pour lesquelles aucune explication ou méthodologie n’était donnée. Le CCNR a conclu que l’émission a enfreint l’article 12 du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR), lequel exige que les concours doivent se faire de façon équitable et légitime.

L’émission Play TV Canada fut diffusée à l’antenne de Global Ontario de juillet 2009 à mars 2010 très tard dans la soirée le samedi, le dimanche et le lundi de chaque semaine. Un casse-tête était présenté à l’écran et un animateur prenait ensuite les appels de la part des téléspectateurs. Les personnes qui appelaient pour indiquer leur solution sur les ondes étaient choisies, semble-t-il, au hasard. Chaque appel coûtait environ 2 $ au participant, peu importe s’il ou elle arrivait à passer à l’antenne et encore moins trouver la solution. Le CCNR a été saisi d’un total de 42 plaintes concernant l’émission, mais seulement trois plaignants lui ont demandé de rendre une décision. Chacune de ces trois personnes a cité un problème de mathématiques différent diffusé à une date différente.

Dans le cas d’un de ces problèmes il s’agissait d’une équation nécessitant des opérations d’addition, de soustraction, de multiplication et de division. Or, la réponse voulue ne semblait pas correspondre à un résultat possible. Le deuxième cas consistait en un problème de mathématiques fondé sur une histoire au sujet de filles et de chats à bord d’un autobus; l’interlocuteur devait calculer « le nombre de jambes et de pattes dans l’autobus. » La réponse fournie par l’animateur à la fin du concours était 1 359. Le plaignant se demandait comment on pouvait en arriver à un nombre impair plutôt qu’un nombre pair, étant donné que les humains et les chats ont normalement des jambes ou des pattes en multiples de deux. Dans le troisième casse-tête faisant l’objet d’une plainte, il fallait disposer des allumettes de sorte à produire le nombre le plus élevé possible.

Dans ses réponses aux plaignants, Global Ontario a déclaré qu’il n’y avait qu’une seule réponse possible à chaque question et que tous les casse-têtes présentés dans le cadre de Play TV sont vérifiés par un vérificateur indépendant et les producteurs de l’émission. Tout en assurant les plaignants qu’aucune tromperie n’avait eu lieu, la station a indiqué qu’il était impossible de révéler la méthodologie aux téléspectateurs car cela empêcherait l’émission de présenter le même genre de jeu-questionnaire à nouveau. Le Comité régional de l’Ontario du CCNR n’était pas d’accord; il a conclu que les deux premiers cas ont enfreint l’article 12, mais a décidé que le casse-tête des bâtons d’allumette ne posait pas de problème puisque la méthode d’arriver à la solution a été montrée à l’écran. Le Comité a fait les commentaires suivants au sujet de l’émission :

Le nœud de la question consiste uniquement en le fait que les réponses étaient loin d’être évidentes. […] Et, le Comité est d’avis que le scepticisme exprimé par le plaignant au sujet des 1 359 jambes et pattes dans l’autobus était justifié. Comment, se demandait-il, le nombre de jambes d’humains et de pattes de chats pourrait-il être autre qu’un nombre pair? […] [L]e Comité a constaté un résultat davantage transparent dans le cas des deux casse-têtes sur les bâtons d’allumette […]. Les téléspectateurs ont pu voir le déplacement physique des bâtons d’allumette. Ils pouvaient comprendre. L’exercice était transparent. […] Il prouvait qu’on pouvait effectivement fournir une réponse aux téléspectateurs, ce qui légitime la transparence du concours.

[…] En tout et pour tout, même si la divulgation de la méthodologie a effectivement facilité le processus de résolution des problèmes présentés dans le cadre des concours, le Comité est d’avis qu’il fallait que le producteur (et, par inférence le télédiffuseur) prennent cette mesure afin de légitimer les concours en fonction de l’article 12. […] Bien qu’il soit vrai que les producteurs ne pourraient probablement pas présenter le même concours à deux reprises, en tenant pour acquis que certains téléspectateurs suivent l’émission constamment, le Comité estime simplement que trouver des jeux légèrement modifiés fait partie des coûts de diffusion d’une telle émission.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, et des codes visant les services de télévision payante, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques en 1970. Plus de 735 stations de radio, services de radio par satellite, stations de télévision et services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

 

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.