Bien qu’inconvenant, le traitement des interlocuteurs par l’animateur d’une émission de ligne ouverte n’a pas enfreint les normes codifiées de la radiotélédiffusion, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 15 juin 2006 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant les commentaires faits dans le cadre d’un épisode de l’émission de ligne ouverte, Adler on Line, qui fut diffusé à l’antenne de CKNW de Vancouver le 18 octobre 2005. Dans cet épisode, l’animateur de l’émission s’est engagé dans un débat agressif et a qualifié certains de ses interlocuteurs de [traduction] « stupides ». Le Comité régional du CCNR de la C.-B. en est venu à la conclusion que les propos visés frôlaient les limites de l’acceptable, mais ne violaient pas, en fin de compte, le Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). 

Le sujet de l’épisode dont il est question était la grève des enseignants de la C.-B. qui se déroulait à l’époque et le refus des enseignants de retourner au travail, même après avoir été ordonnés de le faire suite à l’adoption d’une loi de retour au travail par le gouvernement provincial. L’animateur Charles Adler a vivement exprimé son opinion selon laquelle le geste posé par les enseignants était illégal et moralement répréhensible. Il a accepté des appels de la part d’auditeurs qui étaient davantage disposés à accepter la position prise par les enseignants ou qui étaient eux-mêmes des enseignants, cependant il a haussé la voix lorsqu’il s’entretenait avec certains de ces interlocuteurs et les a interrompus. Il a également qualifié deux d’entre eux de [traduction] « stupides » et a dit à un autre de [traduction] se « trouver une vie ». 

Un auditeur s’est plaint au CCNR que M. Adler a commis de la [traduction] « violence verbale » à l’endroit de ces interlocuteurs pour la simple raison qu’ils ont exprimé une opinion qui n’était pas la sienne. CKNW a admis que M. Adler [traduction] « est en effet devenu très animé et a eu des discussions agressives avec certaines des personnes qui ont appelé l’émission », mais a fait valoir que l’émission à pour but de favoriser le débat sur les questions controversées. 

Le Comité de la C.-B. a examiné la question à la lumière de l’article 6 du Code de déontologie de l’ACR, lequel exige que les radiodiffuseurs veillent à « présenter des nouvelles, des points de vue, des commentaires ou des textes éditoriaux d’une manière complète, juste et appropriée. » Il s’est rapporté à des décisions rendues par le CCNR dans le passé dans lesquelles le Conseil a reconnu que les émissions de ligne ouverte sont souvent aptes à contenir de vives discussions et des arguments provocateurs. Il a également cité des cas où un animateur a directement insulté un invité ou un interlocuteur. En établissant un lien de comparaison entre les propos de M. Adler et les cas cités, le Comité a trouvé que l’animateur a frôlé la limite sans la dépasser. Il a fait les observations suivantes : 

Dans le cas qui nous occupe, Charles Adler a exprimé un point de vue au sujet de la grève des enseignants de la C.-B. qu’on pourrait qualifier […] de non équivoque et agressif. Soit. L’animateur est certes adroit. Il a avancé avec force sa ferme croyance en la primauté de la loi et son dédain évident pour les grévistes qui ont fait fi de la loi de retour au travail adoptée par l’assemblée législative. Le Comité n’arrive toutefois pas à comprendre pourquoi il s’est abaissé à proférer des insultes personnelles en empruntant des mots comme [traduction] « stupide » pour caractériser [deux des interlocuteurs].  […] M. Adler aurait pu qualifier les idées de stupides, mais les gens? Nul besoin. Aucunement légitime. De l’avis du Comité, il n’était pas nécessaire de flatter bassement les intérêts davantage ignobles. On peut bien ne pas être d’accord avec les interlocuteurs et argumenter avec eux, mais il n’était pas nécessaire d’être si inconvenant et insultant envers eux. L’adresse s’est faite supplantée par la brusquerie. En tout et pour tout, le Comité en vient à la conclusion que l’émission s’est approchée de très près de la limite, mais ne l’a pas dépassée à cette occasion. Bien que le Comité ne trouve pas que ces insultes constituaient une infraction de l’article 6 du Code, il regrette qu’on les ait employées.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie et l’emploi de stéréotypes sexuels ainsi que la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du Code de déontologie (journalistique) adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 590 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.