Des mises en garde à l’auditoire et des icônes de classification convenables doivent accompagner les émissions de télévision destinées aux adultes, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 10 février 2005 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant la diffusion du long métrage Up! à l’antenne du service de télévision spécialisée Bravo! à 23 h 45. Ce film comprend certaines scènes d’activité sexuelle explicite et d’autres qui renferment de la violence, dont deux scènes de viol. Avant le début du film et après chaque pause publicitaire, le télédiffuseur a passé une mise en garde sous forme orale et visuelle pour avertir les téléspectateurs que le film renfermait des scènes de nudité et de  langage grossier et qu’il traitait d’un sujet adulte. Il n’y avait toutefois aucune mention des scènes se rapportant à la sexualité. Il a affiché l’icône de classification « 18+ » au début du film pendant 13 secondes, et ensuite à l’heure (à savoir minuit) pendant 12 secondes, et puis à 1 h pendant 13 secondes. 

La plaignante dans ce cas se préoccupait de ce qu’elle a qualifié de la « pornographie flagrante » du film, cependant le Comité national des services spécialisés n’était pas d’accord avec cette caractérisation. Bien qu’il ait admis « qu’étant donné les séquences détaillées à caractère sexuel et violent de ce long métrage, sa diffusion convenait exclusivement à un auditoire adulte » (traduction), le Comité a félicité le télédiffuseur pour l’avoir diffusé bien après le début de la plage des heures tardives, soit à 23 h 45, tandis que la plage des heures tardives commence à

21 h. Le Comité a refait valoir les mesures prises par les télédiffuseurs pour faire en sorte que les téléspectateurs puissent éviter la programmation qui ne convient pas aux goûts de leurs foyers respectifs. Le Comité a déclaré ce qui suit : 

Les télédiffuseurs ont fait un effort majeur pour fournir aux familles les outils qui les aideront à contourner les émissions qu’elles n’estiment pas convenables pour leurs foyers respectifs. La plage des heures tardives dont il est question plus haut, les icônes de classification et les mises en garde à l’auditoire (dont nous parlons davantage plus loin) font toutes partie de cette trousse d’outils. Elles contiennent des renseignements codés qui permettent aux auditoires d’éviter, par le biais de la puce antiviolence ou d’autres dispositifs du genre intégrés à leurs boîtiers numériques, les émissions qu’ils jugent inappropriées. (traduction)

En ce qui concerne les questions relatives au contenu, le Comité considérait que  

l’activité sexuelle dans le film en cause ne rentre pas dans les limites de ce qui constitue de la pornographie. Bien que Up! renferme également du contenu sexuellement explicite, celui-ci n’est associé ni avec un aspect dégradant ni avec un aspect déshumanisant. Up! contient aussi de la violence, mais elle n’est pas, elle non plus, associée aux scènes de sexualité en tant que telles. Même s’il y a des scènes de viol dans le film faisant l’objet de la présente affaire, et bien entendu il est reconnu que le viol est un acte violent de par sa nature même, rien n’interdit la présentation du viol au petit écran plus que tous les autres actes de violence criminelle. (traduction)

D’autre part, le Comité a décidé que « la présentation, pendant 12 à 13 secondes, de l’icône de classification n’était pas suffisamment longue et que les mises en garde ne contenaient pas suffisamment d’avertissement précisant le contenu, ce qui n’a aucunement pu aider les téléspectateurs à établir si ce film leur convenait ou non ainsi qu’à leurs familles. » (traduction)

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, l’emploi de stéréotypes sexuels et la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code d’éthique journalistique adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 550 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.