Une station de radio a le droit de réagir à la critique sur les ondes, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 15 juin 2006 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant l’émission de ligne ouverte vietnamienne Lac Viet Radio, qui est diffusée par  Fairchild Radio de Vancouver (CHKG-FM). Les responsables de l’émission avaient diffusé des annonces au printemps et à l’été de 2005 avisant l’auditoire qu’ils n’accepteraient plus des appels téléphoniques de la part d’une personne en particulier qui avait critiqué l’émission dans un périodique local publié en vietnamien. Le Comité régional de la C.-B. du CCNR a établi que les diffusions n’ont pas enfreint le Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). 

Diffusée le samedi matin, l’émission Lac Viet Radio (Ðài Phát Thanh Lac Viêt) est consacrée à l’information et aux discussions pouvant intéresser la collectivité canado-vietnamienne. Une personne avait écrit à la station pour se plaindre du fait qu’elle ne joue pas l’hymne national du Vietnam pendant ses émissions et ne met pas non plus le drapeau vietnamien en montre lors de ses cérémonies et réceptions. La station a expliqué qu’elle souhaite demeurer neutre en ce qui concerne les questions controversées à caractère politique au sein de la collectivité vietnamienne. Ce même individu a ensuite écrit des lettres ouvertes, publiées dans un magazine de la localité, dans lesquelles il critiquait la station. Il aurait également soulevé la question lors des rencontres communautaires. Devant ces gestes, Lac Viet Radio a diffusé des déclarations à plusieurs occasions expliquant qu’elle avait décidé de ne plus accepter les appels téléphoniques de cet individu puisqu’il avait dénoncé l’émission en public. 

Le CCNR a été saisi d’une plainte de la part de l’individu mis à l’index qui se plaignait que ces annonces étaient injustes et renfermaient des renseignements inexacts à son sujet. De son côté, le radiodiffuseur a expliqué qu’il ne faisait que déclarer sa position en réponse aux critiques faites par le plaignant. Toutefois, le radiodiffuseur est revenu sur sa décision et a permis par la suite au plaignant d’exprimer son opinion sur les ondes. 

Le Comité de la C.-B. a étudié la plainte à la lumière de l’article 6 du Code de déontologie de l’ACR, lequel exige que les radiodiffuseurs veillent à « présenter des nouvelles, des points de vue, des commentaires ou des textes éditoriaux d’une manière complète, juste et appropriée. » Il a constaté que dans des décisions antérieures le Conseil a conclu à une violation de cette disposition lorsque les radiodiffuseurs touchés ont annoncé le nom des plaignants sur les ondes. Ce cas était différent puisqu’il s’agissait du plaignant lui-même 

qui a rendu toute l’affaire publique en publiant deux lettres ouvertes dans des périodiques canado-vietnamiens. Il a centré son attention sur les questions qui l’intéressait et a critiqué Lac Viet Radio devant essentiellement le même auditoire qui pouvait fort bien être celui de l’émission radiophonique hebdomadaire. De plus, c’est lui qui a d’abord choisi de rendre ces questions publiques.  […]  Justice veut que Lac Viet Radio puisse répondre. Non seulement la station de radio a-t-elle répondu, mais elle a répondu de façon modérée et même généreuse en invitant [le plaignant] à reparaître à son émission, et ce après avoir décidé de ne pas le faire. Le Comité trouve que la station a fait preuve d’équité exemplaire et il estime que ses émissions ont enfreint ni l’une ni l’autre des dispositions qui précèdent.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie et l’emploi de stéréotypes sexuels ainsi que la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du Code de déontologie (journalistique) adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 590 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.