Une émission à caractère religieux a déformé des faits et contenait des commentaires abusifs au sujet des homosexuels, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 8 décembre 2010 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant l’émission de causerie à caractère religieux Word TV qui est diffusée à l’antenne de CITS-TV (CTS – Crossroads Television Ontario). Le CCNR a conclu que l’émission a violé des dispositions du Code de déontologie et du Code sur la représentation équitable de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR).

Word TV (autrefois Word.ca) est une émission de causerie à caractère religieux qui est animée par Charles McVety. Il discute de questions politiques et de l’actualité du point de vue évangélique chrétien et reçoit parfois des invités sur le plateau. Le CCNR a reçu des plaintes concernant la façon dont l’émission traite diverses questions, dont l’homosexualité, l’islam, Haïti et l’euthanasie. Le plaignant était d’avis que l’émission avait présenté des commentaires discriminatoires fondés sur  l’orientation sexuelle, la religion et le handicap mental.

Le Comité régional de l’Ontario du CCNR a étudié les plaintes à la lumière des dispositions sur les droits de la personne du Code de déontologie de l’ACR et du Code sur la représentation équitable de l’ACR, lesquelles interdisent de radiodiffuser des commentaires abusifs ou indûment discriminatoires à l’endroit des groupes identifiables. Il les a également examinées en vertu de l’article sur les émissions à caractère religieux du Code de déontologie de l’ACR, lequel interdit d’attaquer les groupes identifiables dans ces émissions, et de la disposition sur la représentation négative du Code sur le représentation équitable de l’ACR.

En ce qui concerne les commentaires sur l’homosexualité, le Comité a expliqué que l’émission avait le droit de présenter des opinions contre cette pratique en général, le financement des marches des fiertés par le gouvernement et les modifications apportées à un programmes d’études utilisé dans les écoles ontariennes afin d’y inclure une discussion sur l’homosexualité. Cependant, lorsqu’il a été dit dans l’émission que les homosexuels font des enfants leur proie, cela a enfreint les dispositions sur les droits de la personne, les émissions à caractère religieux et la représentation négative. Le Comité a déclaré : « Il est libre à M. McVety de ne pas aimer l’homosexualité. C’est son droit, mais il est insidieux et inacceptable de donner l’impression, d’ailleurs complètement non corroborée, que les homosexuels et les lesbiennes adultes ont une prédilection pour les jeunes personnes, pour les mineurs. Tout compte fait, le Comité juge que les caractérisations trompeuses faites par M. McVety sont excessives, inappropriées, dénigrantes et abusives […]. » Le Comité a également jugé que l’émission a violé la disposition sur la présentation complète, juste et appropriée du Code de déontologie de l’ACR pour avoir gravement déformé certains faits. Par exemple, M. McVety a prétendu que les commissions des droits de la personne de l’Alberta et de l’Ontario ont un taux de « condamnation » qui s’établit à 100 %, ce qui est entièrement inexact. Il a également déclaré que c’est maintenant un « crime » au Canada de « parler contre » l’homosexualité, ce qui constitue également une déclaration inexacte concernant les dispositions du Code criminel sur les propos haineux.

M. McVety a également discuté de l’islam et des musulmans. Il a parlé de l’histoire biblique en rapport avec les conflits entre les musulmans et les Juifs, le rôle du grand mufti pendant la Deuxième Guerre mondiale, la fusillade à Fort Hood, diverses attaques terroristes et les déclarations faites par le président de l’Iran au sujet du développement d’armes nucléaires. Dans l’ensemble, il a communiqué le message que les musulmans risquent de poser une menace pour les chrétiens et les pays de l’Ouest, mais le Comité n’a constaté aucune violation des codes parce que l’animateur a fait la distinction, à maintes reprises, entre l’islam et le radicalisme islamique.

Sur le sujet de l’euthanasie, M. McVety et son invité s’opposaient à un projet de loi présenté à la Chambre des communes à l’époque, lequel aurait légalisé l’euthanasie. Ils s’inquiétaient qu’il serait trop facile en vertu de cette loi pour les docteurs de convaincre les personnes atteintes d’une souffrance psychologique d’opter pour le suicide assisté. Le Comité considérait qu’il « était entièrement raisonnable qu’ils aient, et qu’ils diffusent, une opinion sur une question revêtant tant d’importance pour la société, peu importe leurs points de vue. Le Comité ne considère pas non plus qu’une partie quelconque de cette discussion ait tant soit peu dénigré les personnes en raison de leur handicap. »

M. McVety a également passé des commentaires sur Haïti et les Haïtiens à la suite du tremblement de terre dévastateur de janvier 2010. Il a encouragé les téléspectateurs à faire des dons pour aider les Haïtiens nécessiteux, mais a également fait mention du satanisme et du « pacte avec le diable » que, selon lui, les Haïtiens avaient conclu dans le passé. Là aussi, le Comité n’a pas trouvé que les codes avaient été enfreints et a fait l’observation suivante : « Que ce soient des descriptions exactes ou non, le Comité doute qu’il soit facile d’analyser ces conclusions. » Le Comité a conclu que « ces opinions ont été exprimées dans un contexte positif et qu’elles n’ont pas atteint le niveau du commentaire abusif ou indûment discriminatoire fondé sur la religion, la nationalité ou l’ethnie. »

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, et des codes visant les services de télévision payante, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques – en 1970. Plus de 750 stations de radio, services de radio par satellite, stations de télévision et services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.