Les reprises d’épisodes d’émissions téléphoniques doivent être signalées, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 28 septembre 2011 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant un épisode de Friendly Fire qui a été diffusé à l’antenne de CFRB-AM de Toronto le 29 décembre 2010. Dans cette émission diffusée chaque jour de semaine, les animateurs Ryan Doyle et Tarek Fatah faisaient régulièrement la critique de la politique municipale et provinciale et incitaient souvent les auditeurs à participer aux débats quotidiens.

Pendant l’épisode du 29 décembre, lequel avait été diffusé précédemment (le Comité ne savait pas la date à laquelle l’émission a été présentée à l’origine), on a discuté, entre autres, de la nouvelle loi sur l’alcool au volant, d’une nouvelle loi sur le non-paiement de la pension alimentaire pour enfants, de l’immigration, de l’exercice du droit de vote dans la ville de Toronto (plus précisément la politique sur la question de savoir s’il est acceptable qu’une personne vienne voter vêtue d’un article religieux qui couvre le visage), et d’un arrêté municipal sur les superstitions chinoises. Les animateurs ont pris des appels et interviewé des invités quant aux sujets précités.

À environ chaque demi-heure, soit les animateurs, soit des messages par voix hors champ enregistrés à l’avance encourageaient les auditeurs à appeler l’émission pour causer. En outre, au cours de l’émission les animateurs ont pris plusieurs appels et ont fait référence à des messages texte qu’ils ont reçus. Tout cela semblait être des entretiens en direct. Au total, on a invité les auditeurs non seulement à téléphoner à la station, mais aussi à lui envoyer des messages texte pas moins de huit fois pendant l’épisode du 29 décembre. Bien que les appels soient gratuits, l’avis suivant était donné aux auditeurs : [traduction] « La somme de 0,25 $ sera facturée à votre service sans fil » pour chaque message texte.

Un auditeur s’est plaint que CFRB diffusait [traduction] « en reprise sans aviser les auditeurs du fait que l’émission qu’ils écoutent est une reprise. Ils incitent les gens à envoyer des messages texte ou à les appeler pendant ces reprises. […] J’estime que cette pratique […] est trompeuse, sans compter qu’elle coûte des frais de messagerie texte non nécessaires aux auditeurs qui finissent par les payer à leurs services de téléphone cellulaire. »
Le Comité régional de l’Ontario était d’accord. Bien qu’il ait admis qu’il n’y a pas de norme codifiée spécifique qui traite des émissions ou des épisodes diffusés en reprise, il a indiqué qu’il existe, cependant, des principes spécifiques qui sont applicables. Le Comité a conclu qu’il y a lieu de s’inquiéter « lorsque l’auditoire risque de croire, et ce erronément » dans une situation donnée.

Aviser les auditoires qu’une émission ou un épisode est une reprise serait, à tout le moins, une marque de courtoisie envers les sensibilités de ces derniers. Après tout, il peut y avoir des gens qui ont déjà écouté la diffusion initiale mais ne veulent pas l’écouter de nouveau. Pareillement, il peut également y avoir des gens qui auraient souhaité entendre la discussion dans son intégralité parce qu’ils l’ont manquée au complet ou en partie et sont maintenant heureux d’avoir l’occasion de se reprendre. Certains qui ont pu entendre la séquence au complet voudront peut-être en profiter une deuxième fois. Le point que nous voulons faire remarquer est que le radiodiffuseur doit, à tout le moins, aviser les auditeurs qu’il s’agit d’une reprise. Là où, cependant, les gens ont été invités, comme c’est le cas pour toutes les émissions téléphoniques, à communiquer avec la station dans l’émission diffusée à l’origine, le manque de courtoisie que suppose omettre d’aviser les auditeurs de ne pas appeler est incommodant pour ne pas dire agaçant. Là où, comme dans la présente affaire, les auditeurs sont invités non seulement à appeler la station mais aussi à lui envoyer des messages texte, […] l’inconvénient se transforme en dépense. En outre, l’utilité d’appeler la station (ce qui n’entraîne probablement aucune dépense pour les auditeurs) ou de lui envoyer un message texte (ce qui entraîne la dépense de 0,25 $ par message) serait nulle puisque la discussion des questions avait déjà eu lieu et ni téléphoner ni envoyer un message texte ne permettrait à ces auditeurs d’avoir leur mot à dire. Le Comité considère qu’en omettant d’aviser l’auditoire de la valeur nulle de cet effort la station a enfreint les articles 6 et 12 du Code de déontologie.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, et des codes visant les services de télévision payante, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques – en 1970. Presque 760 stations de radio, services de radio par satellite, stations de télévision et services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.