La répétition du contenu à caractère violent constitue de la violence gratuite, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 12 mars 2004 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant la diffusion, à 9 h, d’un épisode du Maury Povich Show, intitulé « Shocking Life or Death Moments Caught on Tape » à l’antenne de CITY-TV de Toronto. Un téléspectateur a trouvé qu’il était inapproprié de diffuser le contenu à caractère violent de cette présentation de moments de vie ou de mort le matin et sans mises en garde à l’auditoire, puisqu’il s’agit d’une heure où les enfants peuvent être à l’écoute. Étant d’accord, le Comité régional de l’Ontario du CCNR a statué que la diffusion avait enfreint les articles 1 (Contenu), 3 (Horaires des émissions) et 5 (Mises en garde à l’auditoire) du Code concernant la violence de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). 

L’émission du 10 juin 2003 était consacrée principalement, quoique pas exclusivement, à des exemples de moments de vie ou de mort. Le Comité a fait remarquer qu’il ne s’agissait pas d’un épisode usuel de cette émission style magazine, étant donné qu’elle contenait des séquences graphiques dans la majorité desquelles le résultat était le danger, les blessures ou la mort. Vu la nature de ce contenu, l’heure à laquelle l’émission a été diffusée était encore pire pour son auditoire normal. Quoi qu’il en soit, le Comité a trouvé que la majorité du contenu de l’épisode était destinée aux adultes et n’aurait pas dû être diffusée avant 21 h. Étant donné cette conclusion, l’absence de mises en garde à l’auditoire devenait davantage un problème du point de vue des exigences stipulées par le Code concernant la violence

En ce qui concerne la nature du contenu de l’épisode, le Comité a trouvé que la quantité de violence et le sensationnalisme qui s’y rapportait étaient problématiques. On a répété plusieurs des séquences vidéo les plus choquantes (comme celle montrant un préposé dans un magasin qui est durement frappé sur le côté de la tête avec une pince-monseigneur pendant un vol) à la vitesse normale et aussi au ralenti. On s’en est ensuite resservi comme publicité aguicheuse au moment de passer aux pauses publicitaires. Même s’il est vrai que l’animateur a lui-même révélé certains aspects des prochains éléments de l’émission à certains moments, il l’a fait dans un style aguicheur pour attirer l’auditoire, plutôt que pour l’avertir qu’il pourrait trouver certains aspects du contenu perturbants. Le Comité n’a pas trouvé que l’épisode encourageait la violence, mais il était d’avis que la répétition du contenu à caractère violent et le fait d’insister sur ce contenu constituaient une présentation gratuite de la violence. Il a fait la déclaration suivante :

Il considère plutôt que la grande partie de la violence que renfermait l’épisode était gratuite en raison des choix faits par ses créateurs. De l’avis du Comité, cela est attribuable principalement à la décision  des producteurs de l’émission de jouer toutes les séquences vidéo choquantes à maintes reprises et même de les répéter au ralenti pour s’assurer que les téléspectateurs ne manquent aucun moment tragique, et finalement de les diffuser comme publicité aguichante au moment de passer aux pauses publicitaires. Le Comité constate également que l’épisode ne contenait rien de didactique. Il n’y avait aucun thème se rapportant à la prévention d’actes dangereux qui pourraient entraîner de graves  conséquences. L’émission consistait simplement en un enchaînement de séquences choquantes relié par des circonstances choquantes et tragiques saisies par hasard sur vidéo. (trad.)

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté des codes qui constituent les normes du secteur concernant l'emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l'homme, sur les ondes, et ils s'attendent que leurs collègues les respectent. Ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 530 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.