Un reportage sur un cas différent d’agression sexuelle était acceptable à la radio matinale, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 27 octobre 2010 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant la description d’un cas d’agression sexuelle qui a été diffusée pendant l’émission Big Breakfast Show à l’antenne de CFWF-FM (The Wolf, Regina). Dans le cas de cette agression sexuelle, un homme avait enlevé les testicules d’un autre homme en les tordant et les avait ensuite jetés dans la neige. Un auditeur s’est plaint que le reportage a été présenté de façon [traductions] « obscène » et « sexuellement explicite », et qu’il n’aurait donc pas dû être diffusé. Le CCNR a conclu que bien que la station ait fait preuve de mauvais jugement en relatant l’histoire de façon si descriptive à 7 h 25 sans avertir suffisamment les auditeurs, le contenu diffusé n’a pas violé le Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) parce qu’il n’était pas exactement explicite.

Le reportage a été présenté pendant l’émission matinale de The Wolf le 14 janvier 2010. Avant de présenter le cas, le commentateur a dit [traduction] « il est vraiment horrifiant alors je vous le transmets » et a ensuite expliqué que l’incident avait eu lieu en Allemagne et concernait un homme qui a joué avec l’« équipement » de son ami lorsqu’ils étaient tous les deux en état d’ivresse. Citant des officiels de la cour, l’animateur de The Wolf a rapporté que cet homme [traduction] « a tordu le scrotum [de l’autre] […] jusqu’à ce qu’il le déchire. Il a pris les testicules et les a lancés par la fenêtre. » L’animateur a ajouté que [traduction] « la police a trouvé ses couilles dans un banc de neige ». Il a ensuite ri et dit « c’est tout à fait hilarant. »

L’auditeur a fait valoir qu’il était contraire aux règlements sur la radiodiffusion concernant le contenu sexuellement explicite de diffuser ce reportage. Le radiodiffuseur a admis que le cas relaté était « perturbant », mais a noté qu’il s’agissait d’une véritable nouvelle et que l’annonceur avait simplement utilisé des termes [traduction] « qu’on entend dans le quotidien » pour la communiquer.

Le Comité régional des Prairies du CCNR a étudié la plainte à la lumière de l’alinéa 9 b) du Code de déontologie de l’ACR, lequel interdit la diffusion de « contenu qui est indûment sexuellement explicite » à la radio. Le Comité n’a trouvé aucune violation du Code et a fait remarquer qu’il s’agissait de la description d’une « agression sexuelle » et non pas de la description explicite d’un acte sexuel. Le Comité n’a également pas considéré que « l’utilisation des termes familiers ou anatomiques soit obscène ou blasphématoire. À tout le moins, le Comité est d’avis que le radiodiffuseur a voulu éviter de choisir des mots grossiers. » Cependant, le Comité a indiqué qu’il était de mauvais goût de diffuser une histoire « si épouvantable aux nuances incontestablement sexuelles » à un moment de la journée où les familles, les enfants y compris, se préparent pour aller au travail ou à l’école. Il a également fait remarquer qu’il y aurait eu lieu de donner un avertissement verbal aux auditeurs, mais il n’a constaté aucune infraction du Code à ces égards.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, et des codes visant les services de télévision payante, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques – en 1970. Plus de 735 stations de radio, services de radio par satellite, stations de télévision et services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.