Un reportage sur la probabilité qu’une victime d’une collision mortelle survive ou non ne posait pas de problème, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 5 janvier 2011 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant un reportage diffusé par CTV de la Colombie-Britannique à l’antenne de CIVT-TV concernant un accident de route mortel. Le CCNR a conclu qu’il n’y avait aucun problème à ce que la journaliste ait déclaré qu’il [traduction] « se peut fort bien » que le seul survivant d’une collision frontale impliquant quatre personnes meure également.

Le reportage, intitulé « Fatal Highway Crash » (Accident de route mortel) a été diffusé pendant le téléjournal de 23 h le 19 février 2010. La journaliste, laquelle présentait son reportage en direct sur les lieux de l’accident, a expliqué qu’un véhicule avait pris la Route 17 à Delta (C.-B.) dans le sens inverse de la circulation et avait heurté un autre véhicule, entraînant ainsi une collision qui s’est terminée en flammes. Trois personnes avaient déjà été déclarées mortes et l’on aérotransportait la quatrième à l’hôpital. Elle a dit que [traductions] « ça ne s’annonce vraiment pas bien pour lui » et qu’« il se peut fort bien qu’il meure. »

Le CCNR a reçu une plainte au sujet du choix de mots de la journaliste. Le plaignant se préoccupait du fait que la journaliste avait spéculé de façon inappropriée sur la condition de la victime de la collision, sans avoir les compétences médicales nécessaires pour faire une telle déclaration et sans révéler ses sources. Il a également dit que cela manquait de sensibilité envers les proches de la victime, lesquels auraient peut-être regardé le reportage. CTV a expliqué dans sa lettre au plaignant que sa journaliste avait obtenu l’information des enquêteurs de la GRC sur les lieux. Le télédiffuseur a également fait remarquer que malgré le pronostic peu encourageant qui avait été prononcé à l’origine, l’homme en question a effectivement survécu.

Le Comité régional de la Colombie-Britannique du CCNR a étudié la plainte à la lumière des dispositions pertinentes du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) et du Code de déontologie (journalistique) de l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT – L’Association des journalistes électroniques). Le Comité de la C.-B. a jugé que le reportage était exact, juste et approprié puisqu’il se fondait sur l’information disponible au moment de la diffusion. Le Comité a noté que l’identité de la victime n’avait pas été révélée et que la journaliste avait bien pris le soin de dire « il se peut » plutôt que d’en venir à une conclusion définitive lorsqu’elle a suggéré le résultat. Le Comité a également fait remarquer que la journaliste n’était pas obligée de mentionner sa source, surtout étant donné qu’elle n’a pas révélé de source pour tous les autres détails de la collision (type de véhicules, vitesse, situation des autres passagers). Il a expliqué son raisonnement comme suit :

Bien que le Comité soit entièrement conscient du fait que la journaliste spéculait sur le résultat probable, il n’estime pas qu’elle ait trompé son auditoire d’une façon quelconque. Premièrement, elle était sur les lieux, et du point de vue des téléspectateurs, qui eux ne l’étaient pas, elle était dans la meilleure position de leur fournir des renseignements utiles leur permettant d’évaluer la gravité de l’accident. Deuxièmement, […] elle a pris le soin d’utiliser l’expression conditionnelle et mitigeante « il se peut ». Autrement dit, elle ne prédisait pas le résultat sans fondement; elle évaluait conditionnellement le sort du seul survivant de la collision. […] [L]a journaliste a indiqué que [traductions] « ça ne s’annonce vraiment pas bien pour lui » et qu’« il se peut fort bien que la quatrième [personne] meure. » Probable, oui. Certain, non. Bien entendu, elle spéculait sur le résultat probable, sinon évident, à ce moment-là. À l’occasion, c’est exactement ce qu’un journaliste doit faire au service de l’auditoire.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, et des codes visant les services de télévision payante, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques – en 1970. Presque 760 stations de radio, services de radio par satellite, stations de télévision et services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.