Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision déclare qu’une critique satirique de l’attitude des hommes envers les femmes n’a violé aucun code

Ottawa, 21 novembre 2017 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) publie aujourd’hui sa décision concernant un éditorial diffusé à l’antenne de CKMF-FM (Énergie 94,3, Montréal). Il s’agissait d’une critique satirique de certaines attitudes masculines qui mènent au harcèlement sexuel. Le CCNR a conclu que cette critique n’avait pas enfreint les dispositions des codes qui portent sur les stéréotypes.

Le monologue livré par la chroniqueuse Rosalie Bonenfant a été diffusé le 26 novembre 2016 à 8 h. Il consistait à « remercier » ironiquement les hommes pour certaines de leurs attitudes et certains de leurs comportements en disant par exemple : « Merci, les boys, de toujours assumer d’emblée qu’on est en syndrome prémenstruel quand on se fâche ou quand on est émotive. […] Merci de nous pogner une fesse quand ça vous tente, même si on se connaît pas. […] Ça nous fait plaisir de sentir qu’on remplit avec succès notre fonction première qui est de vous plaire ».

Un auditeur s’est plaint que le monologue traitait les hommes comme un groupe homogène en suggérant qu’ils étaient tous des agresseurs sexuels, incapables de comprendre le concept du consentement. La station a fait remarquer que le segment avait débuté sur un avertissement que le monologue allait être sarcastique et ironique, et que l’intention de Mme Bonenfant n’avait pas été de loger tous les hommes à la même enseigne.

Le CCNR a étudié la plainte à la lumière du Code sur la représentation équitable et du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) qui interdisent les stéréotypes indûment négatifs. Le Code sur la représentation équitable renferme toutefois une autre disposition qui prévoit qu’un contenu à première vue discriminatoire n’enfreint pas nécessairement le code s’il est voulu comme drôle ou satirique. Le comité décideur francophone du CCNR a conclu que cette clause s’appliquait dans le cas présent. L’intention derrière ce monologue était de faire un commentaire satirique sur un problème de société d’intérêt public, comme l’annonçait l’avertissement du début qu’il « pourrait contenir du sarcasme et de l’ironie ». Il n’y a donc pas eu violation des codes.

Le CCNR a été créé en 1990 par les radiodiffuseurs privés du Canada pour veiller au respect des codes de normes qu’ils ont adoptés pour leur industrie. À l’heure actuelle, le CCNR se charge d’administrer cinq codes concernant la déontologie, la représentation équitable, la violence, les nouvelles et l’indépendance journalistique. Quelque 800 stations de radio, services de radio par satellite, services de télévision traditionnels et facultatifs dans l’ensemble du Canada sont membres du Conseil.

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