Une émission de discussion sexuelle doit s’accompagner de mises en garde à l’auditoire, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 12 février 2003 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd'hui sa décision concernant l'émission style magazine Je regarde, moi non plus qui est diffusée le vendredi à 22 h 30 à l'antenne de TVA. L'émission présente un groupe de chroniqueurs et des invités qui discutent de sujets à caractère sexuel et qui fournissent des renseignements sur ces sujets. Le Comité régional du Québec du CCNR a conclu que l'émission n'exploite ni les hommes, ni les femmes, mais qu'elle doit s'accompagner de mises en garde à l'auditoire étant donné son caractère sexuel.

Un téléspectateur s'est plaint du caractère sexuellement explicite de Je regarde, moi non plus. Dans l'épisode examiné pour les fins de la décision, on a abordé, entre autres, un reportage sur les agences d'accompagnement, une description d'accessoires sexuels et une explication des différents types d'orgasmes. Certaines des séquences montraient des éléments visuels, comme un dessin humoristique d'un homme dont le pénis est en érection.

Le Comité régional du Québec a examiné la plainte à la lumière du Code concernant les stéréotypes sexuels à la radio et à la télévision de l'Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) et a conclu que selon ses dispositions, même si l'émission n'exploite ni les hommes, ni les femmes, elle s'adresse clairement à un auditoire adulte. Le Comité a également examiné l'épisode à la lumière des dispositions du Code de l'ACR concernant la violence stipulant que les émissions destinées à un auditoire adulte doivent s'accompagner d'une mise en garde à l'auditoire au début de leur diffusion et après chaque pause publicitaire. Dans le cas de cet épisode de Je regarde, moi non plus, le télédiffuseur n'a passé qu'une simulation d'une mise en garde au début de l'émission. Comme l'a expliqué le Comité :

On aurait dû diffuser une mise en garde au début de l'émission et après chaque pause publicitaire. Le Comité n'a évidemment pas en vue la « mise en garde » humoristique présentée au début de l'épisode visé. Cela ne signifie pas du tout que le télédiffuseur n'a pas le droit d'inclure un élément léger du genre à son émission. Nous tâchons simplement d'expliquer que TVA doit trouver moyen d'inclure une mise en garde sérieuse aux moments voulus afin de permettre aux téléspectateurs de faire un choix éclairé quant aux émissions qui leur conviennent ainsi qu'à leurs familles. L'absence de cet élément obligatoire constitue un manquement aux dispositions sur les mises en garde à l'auditoire que renferme le Code de l'ACR concernant la violence.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté des codes qui constituent les normes du secteur concernant l'emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l'homme, sur les ondes, et ils s'attendent que leurs collègues les respectent. Ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 530 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.