Des commentaires sexuellement explicites sur les accusations relatives à un studio de massage et le commerce du sexe sont des infractions aux codes, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 21 juillet 2004 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant trois épisodes de l’émission matinale Forbes and Friends qui ont été diffusés à l’antenne de CJAY-FM de Calgary en novembre 2003. Le Comité régional des Prairies n’a pas constaté d’infractions aux codes en ce qui concerne certains commentaires au sujet de l’ethnie qui ont soulevé l’opposition du plaignant. Cependant, il a statué que certains commentaires sexuellement explicites ont outrepassé les normes codifiées des radiotélédiffuseurs privés. 

Dans le premier épisode de l’émission dont il est question, les brefs commentaires faits par les animateurs au sujet d’un reportage annonçant qu’on avait trouvé des restes de chien et de coyote dans le congélateur d’un restaurant chinois d’Edmonton, ont été suivis d’une chanson de parodie qui laissait entendre que les plats de poulet, de bœuf ou de porc au menu pourraient en effet être du chat. Dans l’épisode diffusé le lendemain, les animateurs ont présenté un reportage d’actualités sur la descente de police dans des studios de massage de Calgary qui seraient des maisons de débauche. La police tentait de bloquer le trafic de travailleuses thaïlandaises du sexe. Les chefs d’accusation comptaient le complot en vue d’induire une personne à entrer au Canada pour travailler dans une maison de débauche, le proxénétisme, la tenue d’une maison de débauche et la participation à des activités illégales se rapportant à la drogue. Le reportage a été suivi d’une chanson qui, semble-t-il, s’intitulait « Singapore Whore » (Putain de Singapour). 

Le plaignant était déconcerté par le fait que la station avait « jugé approprié de continuer à présenter son éventail de sketchs ethniques conçus pour se moquer des Asiatiques en général et de les ridiculiser. L’équipe du matin a, semblerait-il, profité de l’actualité et s’en est servie comme prétexte pour continuer sa campagne de moquerie et de ridicule contre les

Asiatiques. » (traduction) Étant donné que le Comité des Prairies avait déjà statué, dans le cas d’un autre épisode, que la diffusion de la chanson de parodie au sujet des restaurants chinois n’enfreint pas les codes, il n’a pas fait de commentaires supplémentaires à ce sujet dans ce cas-ci. En ce qui concerne la chanson intitulée « Singapore Whore », le Conseil a fait remarquer que 

le sketch est centré sur les travailleuses du sexe de Singapour, lesquelles ne sont même pas de la même nationalité que les femmes victimes du trafic d’humains à Calgary. Sur ce point, le Comité n’estime pas que le sketch dépeint toutes les Singapouriennes ou toutes les femmes asiatiques, et encore moins toutes les Thaïlandaises, comme des putains. Le sketch porte uniquement sur les femmes qui travaillent dans le commerce du sexe. Il n’y a rien dans le sketch qui puisse élargir la portée d’un commentaire discriminatoire quelconque au-delà du sujet bien délimité des travailleuses du sexe.  

S’inspirant d’un critère établi il y a longtemps par le CCNR, il en est également venu à la conclusion que « l’humour dont est empreint le sketch, qui peut très bien être de mauvais goût, ne frappe pas à coups de marteau et n’est pas méchant », et qu’il n’enfreint pas par conséquent la disposition sur les droits de la personne ou celle stipulant que les radiotélédiffuseurs sont tenus de veiller à la « présentation complète, juste et approprié des … points de vue, des commentaires ou des textes éditoriaux. »  

D’autre part, le Comité des Prairies était préoccupé par le caractère explicite des commentaires de nature sexuelle, lesquels il estime vont effectivement à l’encontre de la disposition sur la radiodiffusion du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). 

Le Comité estime que dans ce cas-ci certains des commentaires faits par l’équipe matinale au sujet des activités qui se déroulent dans les maisons de débauche étaient indûment sexuellement explicites. Le Conseil souligne tout particulièrement l’invitation lancée à plusieurs reprises par une prostituée de faire le coït anal avec elle, ainsi que [certains autres] commentaires qui constituent du contenu indûment sexuellement explicite pour une émission radiophonique diffusée le matin et qui enfreignent l’article 9 du Code de déontologie de l’ACR.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté des codes qui constituent les normes du secteur concernant l'emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l'homme, sur les ondes, et ils s'attendent que leurs collègues les respectent. Ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 530 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.