La diffusion d’un documentaire sexuellement explicite doit se faire après 21 h, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 12 janvier 2006 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant la diffusion du documentaire intitulé Dirty Business:  Sex, Thighs and Videotape à l’antenne de la station CHFD-TV (Thunder Bay Television). Thunder Bay Television a diffusé cette émission d’une heure sur l’industrie du divertissement pour adultes le 15 mai 2005 à 13 h. Un téléspectateur s’est plaint que ce genre de contenu à caractère sexuel ne devrait pas être présenté un dimanche après-midi lorsque les enfants risquent d’être à l’écoute. Le Comité régional de l’Ontario du CCNR en est venu à la conclusion que le documentaire contient des scènes sexuellement explicites à l’intention des adultes et n’aurait pas dû être présenté avant 21 h. Il aurait aussi dû s’accompagner de mises en garde à l’auditoire. 

Dirty Business traite principalement des aspects commerciaux de l’industrie du divertissement pour adultes et se compose en grande partie d’entrevues avec des personnes qui œuvrent au sein de cette industrie, dont une actrice de films pornographiques, des producteurs amateurs de films pour adultes, un administrateur de site Web pornographique et un couple qui exploite un site Web mettant en vedette la femme nue de ce couple. L’émission contient toutefois du dialogue sexuellement explicite, une certaine quantité d’images à caractère sexuel, ainsi qu’un thème de nature sexuelle dans l’ensemble. 

Le Comité régional de l’Ontario a examiné la plainte à la lumière de l’article 10 du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR), lequel stipule que la télédiffusion des émissions à caractère sexuellement explicite doit se faire uniquement dans la plage des heures tardives, à savoir de 21 h à 6 h. Se fondant sur les décisions précédentes du CCNR au sujet du contenu à caractère sexuel, le Comité a conclu que le télédiffuseur a enfreint cet article pour avoir diffusé l’émission en cause à 13 h. Le Comité a également trouvé que Thunder Bay Television n’a pas respecté l’article 11 du Code de déontologie de l’ACR pour avoir manqué à son obligation de présenter des mises en garde à l’auditoire lors de la diffusion de ce documentaire afin d’avertir les téléspectateurs qu’il s’agissait d’un sujet de nature sexuelle. Le Comité a fait les observations suivantes au sujet de l’émission : 

Dans la présente affaire, le documentaire se centre sur une combinaison d’activités sexuelles et érotiques et  l’avantage pécuniaire maximum qu’on peut en tirer. Aucun autre sujet n’est superposé; il n’y en a même pas le moindre soupçon […].

 Bien que dans le cas qui nous occupe les entrevues se font avec des gens habillés, on montre des séquences de films « pornographiques », des photos affichées sur des sites Web, des séquences tournées à une foire commerciale sur la pornographie, des clips de couples en diverses tenues légères qui se livrent à des actes sexuels et des discussions avec un couple d’Edmonton sur la mesure dans laquelle Dawn, la femme de ce couple, devrait progresser de ces numéros érotiques isolés à des nouveaux niveaux de contact sexuel avec d’autres. Dans l’ensemble, l’effet était de toute évidence du contenu qui, de l’avis du Comité, s’adressait exclusivement à un auditoire adulte et qui convenait uniquement à cet auditoire.

 Le documentaire n’en est pas pour autant pardonné en raison des techniques utilisées comme les images floues ou pixélisées. L’intention et le message étaient tout à fait évidents.  […] 

 Le Comité s’empresse d’ajouter qu’il n’exprime aucune préoccupation quant au documentaire lui-même. Il traite uniquement de la question de la plage des heures tardives, et sur ce point il en vient à la conclusion que la diffusion de ce documentaire avant le début de la plage des heures tardives constitue une violation de l’article 10 du Code de déontologie de l’ACR.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, l’emploi de stéréotypes sexuels et la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code d’éthique journalistique adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 550 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.