Les paroles de chansons qui encouragent la violence constituent une infraction au Code de la radiotélédiffusion

Les paroles de chansons qui encouragent la violence constituent une infraction au Code de la radiotélédiffusion  déclare le Conseil canadien des normesde la radiotélédiffusion  

Ottawa, le 14 juin 2005Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a rendu aujourd’hui sa décision concernant la chanson intitulée «Kill All the White Man» par le groupe punk NOFX diffusée sur CJKR-FM (Power 97, Winnipeg) en novembre 2004. Le Comité régional des Prairies a conclu que la chanson n’était pas violente ou indûment discriminatoire sur le plan racial, mais qu’elle encourageait ou endossait la violence de façon qui allait à l’encontre des termes du Code de déontologie de l’industrie.  

Ainsi que le suggère le titre, la chanson contient le refrain «Kill All the White Man» (Tuez tous les blancs), ainsi que des paroles telles «The white man come to pillage my village» (les hommes blancs sont venus piller mon village) et «He rape my people as he rape my country» (Il a violé mon peuple comme il a violé mon pays).  Un auditeur s’est plaint que la chanson était raciste. Le Comité des Prairies a étudié la plainte en fonction de l’article sur les Droits de la personne du Code de déontologie de l’ACR qui exige que les radiotélédiffuseurs veillent à ce que leur programmation ne contienne aucun élément violent ou indûment discriminatoire sur le plan racial, et en fonction de l’article sur la radiodiffusion du Code de déontologie de l’ACR qui exige que les radiotélédiffuseurs veillent à ce que leur programmation soit exemple de tout élément qui encourage ou glorifie la violence. Le Comité a conclu que la chanson ne violait pas les normes des Droits de la personne, car il s’agit d’une critique légitime de la part du compositeur, axée sur ce qu’il considère comme étant les politiques impérialistes de l’establishment blanc.  Mais le Comité a quand même conclu que la diffusion violait les normes de radiodiffusion, car la chanson proposait le meurtre comme solution. Le Comité a aussi déclaré que ces conclusions ne sont liées qu’à la diffusion de la chanson à la radio et ne concernent aucunement sa disponibilité à la vente ailleurs. Le panel a expliqué ainsi son point de vue :  

Ni  le fait que les commentaires soient faits par des animateurs blancs au sujet d’impérialistes blancs, ni leur caractère autocritique ne justifie ou n’aggrave les commentaires. Les commentaires autocritiques du créateur sont suffisants.  Il n’y aurait dans un tel contexte aucune infraction de n'importe quelle disposition du Code. Il est aussi à noter qu’aucune situation fâcheuse reliée au Code ne résulte de la prévision spéculative à l’effet que “Le jour viendra bientôt ou nous serons débarrassés de lui [traduction].” Le Comité ne constate aucune infraction aux dispositions des Droits de la personne dans les mots de la chanson.  

Bien que le Comité n’ait conclu à aucune infraction du Code dans les paroles citées plus haut, sa conclusion est très différente en ce qui concerne l'exhortation de « tuer tous les hommes blancs » aux fins de la diffusion radiophonique de la chanson dont il est question.  Les commentaires du Comité n’ont trait qu’à la diffusion de la chanson et ne concernent aucunement sa disponibilité à la vente ailleurs.  Les préoccupations du Comité ne sont liées qu’aux normes qu’il doit appliquer concernant les différents codes qu’il administre au nom des radiotélédiffuseurs privés.  Dans ce contexte, il établit un lien spécifique avec le libellé de l’article 9 (a) du Code de déontologie de l’ACR qui exhorte les radiotélédiffuseurs à prendre «un soin particulier de veiller à ce que les émissions diffusées à l’antenne de leurs stations ne comprennent […] de contenu qui endosse, encourage ou glorifie la violence.»

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, l’emploi de stéréotypes sexuels et la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code d’éthique journalistique adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 550 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.