Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision déclare qu’une chanson renfermant des descriptions dénigrantes de la femme autochtone enfreint les codes de radiodiffusion

Ottawa, 21 février 2018 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) publie aujourd’hui sa décision concernant la diffusion de la chanson « Squaws Along the Yukon » de Hank Thompson par la station Willie’s Roadhouse de SiriusXM. Le CCNR conclut que cette diffusion a enfreint le Code sur la représentation équitable de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR), ainsi que l’article sur les droits de la personne du Code de déontologie de l’ACR à cause de l’emploi du mot « squaw » et du portrait que fait la chanson de la femme indigène.

« Squaws Along the Yukon » est une chanson du célèbre chanteur country Hank Thompson qui remonte à 1958. Elle a pour refrain « The squaws along the Yukon are good enough for me » (Les squaws le long du Yukon font tout à fait mon affaire) et on y trouve des paroles comme « She makes her underwear from the hides of grizzly bear » (Elle se fabrique des sous-vêtements en peau de grizzli) et « There’s a salmon-colored girl who sets my heart a-whirl » (Il y a une fille couleur saumon qui me va droit au cœur). Une auditrice a porté plainte contre cette chanson en la qualifiant d’offensante.

Le fournisseur canadien de radio par satellite SiriusXM s’est engagé auprès du CCNR à respecter les codes de la radiodiffusion. À sa décharge, SiriusXM a fait valoir qu’il fallait tenir compte du contexte, notamment qu’il s’agissait d’une vieille chanson, présentée sur une station de musique country « classique » et que « [i]l peut arriver que ces anciens enregistrements rappellent le manque de sensibilité et l’ignorance d’une époque révolue et qu’à l’occasion, ils utilisent un langage et expriment des points de vue considérés par la société d’aujourd’hui comme dépassés et inappropriés ».

Le comité décideur anglophone du CCNR a reconnu le contexte, mais il a fait remarquer que, même dans le passé, le mot « squaw » en anglais avait des connotations négatives. Il a également déclaré que l’âge d’une chanson ne l’« épargne » pas des codes et que même si « le comité ne croit pas que l’intention ait été offensante […] tous ces éléments de la chanson concourent à rabaisser et dénigrer les femmes indigènes ». Le CCNR a constaté des infractions aux dispositions du Code de l’ACR sur la représentation équitable qui traitent des droits de la personne, des stéréotypes, du contenu dégradant, du langage et de la terminologie, ainsi qu’à l’article du Code de déontologie de l’ACR qui traite des droits de la personne. Un membre du comité décideur a cependant souligné les difficultés auxquelles se heurte le CCNR lorsqu’il s’agit d’examiner des ouvrages du passé.

Le CCNR a été créé en 1990 par les radiodiffuseurs privés du Canada pour veiller au respect des codes de normes qu’ils ont adoptés pour leur industrie. À l’heure actuelle, le CCNR se charge d’administrer cinq codes concernant la déontologie, la représentation équitable, la violence, les nouvelles et l’indépendance journalistique. Quelque 800 stations de radio, services de radio par satellite, services de télévision traditionnels et facultatifs dans l’ensemble du Canada sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, et d’autres renseignements pertinents sont affichés sur son site web à . Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente du CCNR, Mme Sylvie Courtemanche, scourtemanche@ccnr.ca ou par téléphone au 613-233-4607.