Une chanson à thème gai n’enfreint pas le Code de déontologie, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 6 février 2004 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant une chanson qui a été diffusée dans le cadre du Brother Jake Morning Show de CFMI-FM entre 7 h et 8 h le 17 mars 2003. Un auditeur s’est plaint que cette chanson laissait entendre que son sujet était le clergé ou, pour le moins, les catholiques irlandais cherchant des relations sexuelles inappropriées avec des jeunes hommes. Le Comité régional de la C.-B. du CCNR ne partageait pas son opinion. Il a trouvé qu’il n’y avait aucun contenu du genre dans la chanson comme telle et qu’il n’y avait par conséquent aucune violation de l’article 2 (Droits de la personne) du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR).  

La chanson dont il est question a été exécutée en direct à l’antenne de la station le jour de la Saint-Patrick par un groupe appelé les « Sons of Indecency » (les fils de l’indécence). Bien qu’elle porte sur le style de vie de deux hommes gais et fasse mention de certains sujets à caractère sexuel, elle n’aborde pas du tout la religion. Le Comité régional de la C.-B. en est venu à la conclusion suivante en ce qui concerne les droits de la personne : 

L’examen que nous avons effectué des paroles de la chanson ne révèle toutefois aucun langage qui pourrait servir de fondement pour les préoccupations exprimées [par le plaignant] dans ses deux lettres. La chanson ne renferme simplement aucun sujet religieux. Son sujet est celui de deux gars qui sont eux-mêmes gais. Ils ne cherchent personne, qu’il s’agisse de jeunes ou d’autres, puisqu’ils vivent ensemble dans un appartement. Le mot « Madonna » se rapporte clairement à la chanteuse et non, même avec beaucoup d’imagination, à la Sainte Vierge. Il n’y a également aucun lien entre ce mot et l’emploi du mot « immaculé », qui selon toute apparence, se rapporte à l’état de leur appartement. Il n’y a, en effet, aucune mention explicite ou implicite des prêtres ou de la religion dans toute la chanson. 

Étant donné les paroles non équivoques de la chanson, il n’existe même pas de question à trancher en vertu de l’article 2 du Code de déontologie de l’ACR.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté des codes qui constituent les normes du secteur concernant l'emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l'homme, sur les ondes, et ils s'attendent que leurs collègues les respectent. Ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 500 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.