Cibler la mauvaise agence et nommer ses employés c’est enfreindre le Code, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 13 avril 2011 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant un épisode de Maurais Live, une émission de causerie matinale qui est diffusée les jours de semaine à l’antenne de CHOI-FM (Radio X, 98,1 FM, Québec).   Cet épisode, diffusé le 23 mars 2010, portait sur le programme de formation continue pour les employés de certaines agences gouvernementales ainsi que sur d’autres sujets, mais l’animateur Dominique Maurais est revenu sur ce sujet principal à plusieurs occasions ce matin-là.
Dans le cadre de cet épisode, M. Maurais s’est reporté à un article d’investigation qui a paru dans le Journal de Québec et sur lequel il a fondé sa critique de l’Agence de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale. Outre le sarcasme avec lequel il a traité le programme de formation comme tel, il a diffusé le nom de chacun des cadres de l’agence ainsi que (dans la plupart des cas) leur poste respectif à l’agence.

Le CCNR a été saisi d’une plainte de la part du président-directeur général de l’agence ciblée dans Maurais Live. Il s’est plaint de la dérision et du ridicule dont les employés de son agence ont fait l’objet, et du fait que l’article d’investigation dans le Journal de Québec avait trait à une agence de santé provinciale complètement différente. Étant d’accord, le Comité régional du Québec a dit ce qui suit :

Dans la présente affaire, l’animateur et le coanimateur ont lancé leurs critiques sur la politique gouvernementale en matière de colloques et de programmes de formation permanente à l’Agence de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale, alors que cette agence n’avait absolument rien à faire avec le cours ou les frais de voyage dont ils parlaient. Les animateurs se sont même rapportés sur les ondes à un article d’investigation publié dans un journal au sujet de l’Agence de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec, ce qui n’est pas du tout la même agence. Le président et chef de la direction du radiodiffuseur a tenté de trouver de bonnes explications à l’erreur de l’animateur en disant qu’il « ne désirait pas cibler une seule agence mais plutôt régionaliser la nouvelle et prendre l’exemple de notre Agence à nous à Québec. » Bien que cela puisse avoir été l’intention de l’animateur, il s’est trompé. Non seulement n’a-t-il pas hésité à identifier l’agence de santé de Québec sans aucune justification, il est allé jusqu’à nommer ses employés, consolidant de la sorte son erreur. En d’autres mots, ses commentaires n’étaient ni justes ni appropriés et le Comité régional du Québec conclut que la diffusion du 23 mars a enfreint l’article 6 du Code de déontologie de l’ACR.

Le Comité a également trouvé en faute le fait d’avoir identifié les employés individuellement sur les ondes. Il a conclu qu’il

n’y avait pas la moindre justification pour révéler le nom d’employés d’une agence qui avait elle-même été faussement ciblée au départ, ou le moindre intérêt public à le faire. Il était négligeant et invasif de centrer, avec le plus grand soin, l’attention sur le nom et les fonctions des employés de l’agence sans la moindre justification. Le Comité conclut que CHOI-FM a manqué aux obligations énoncées à l’article 4 du Code de déontologie (journalistique) de l’ACDIRT.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, et des codes visant les services de télévision payante, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques – en 1970. Presque 760 stations de radio, services de radio par satellite, stations de télévision et services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.