décembre 2001

Canadian Broadcast Standards Council
Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 4 décembre 2001 — Aujourd'hui, le Conseil canadien des normes de la radiotélévision rendait publique sa décision  concernant la diffusion de deux chansons à l'antenne de la station de radio CIOX-FM (Xfm d'Ottawa), « Livin' It Up » par Limp Bizkit et « Outside » par Aaron Lewis et Fred Durst. Les plaignants se sont déclarés préoccupés par l'utilisation du « mot F » anglais et de ses dérivés une fois dans la chanson « Outside » et à plusieurs reprises dans la chanson  « Livin' It Up ». Bien que le Comité ait conclu que les chansons ont probablement été diffusées à diverses heures, les trois occasions relevées pour les fins de cette décision se sont produites entre 11 h 31 et 20 h 31.

Le Comité régional de l'Ontario a statué que diffuser ces chansons pendant des périodes de la journée où des enfants pourraient probablement les écouter, constitue une infraction d'une disposition du Code de déontologie de l'Association canadienne des radiodiffuseurs. Cette disposition stipule que « la tâche première et fondamentale du radiodiffuseur est de présenter […] des points de vue [et] des commentaires […] d'une manière […] complète et impartiale. » Le CCNR s'appuie sur cette disposition pour régler les plaintes concernant le langage offensant.

Le Comité régional de l'Ontario a fait les commentaires suivants au sujet des deux chansons :

Pour ce qui est des paroles de la chanson « Livin' It Up », le Comité trouve que l'emploi répété des expressions grossières et offensantes « fucker », « fuck » et « motherfucker » constitue une infraction […] lorsque ces expressions sont diffusées pendant des heures où l'on pourrait raisonnablement s'attendre que les enfants soient à l'écoute. S'il n'existait pas de version modifiée de la chanson, CIOX-FM avait le choix de remettre la diffusion de la chanson non modifiée à une heure plus tardive ou de ne pas la jouer du tout.

[…]

Même si l'expression inappropriée « motherfuckin » n'est utilisée qu'une seule fois dans la chanson « Outside », comme interjection verbale par le chanteur […], le Comité estime que son emploi était complètement gratuit et que  la chanson a été diffusée pendant des heures où l'on pourrait raisonnablement s'attendre que les enfants soient à l'écoute. De plus, étant donné l'endroit où l'expression paraît dans la chanson, le radiodiffuseur aurait facilement pu la couper sans pour autant affecter la chanson.

Le Comité a fait remarquer que le CCNR a « rendu plusieurs décisions dans lesquelles le Comité intéressé décide, qu'en principe général, les normes visant les radiotélédiffuseurs privés s'appliquent aux paroles des chansons au même titre que tous les autres genres de programmation. »

Le Comité régional de l'Ontario a également noté que les pays de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande, de la Grande-Bretagne et de l'Afrique du Sud, chacun dotés d'un organisme de réglementation, d'un code ou d'une disposition législative semblables, ont statué contre les radiotélédiffuseurs qui ont passé des chansons contenant du langage grossier comme celui dont il est question dans cette décision du CCNR. Dans chaque cas, on soulignait le besoin de protéger les enfants contre le langage extrêmement grossier. Même aux États-Unis, la Federal Communications Commission a statué que les expressions visées ne sont pas protégées par le premier amendement à la constitution américaine.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté des codes qui constituent les normes du secteur concernant l'emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l'homme, sur les ondes, et ils s'attendent que leurs collègues les respectent.  Ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 460 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.