La sexualisation des enfants dans des plaisanteries faites durant une émission matinale enfreint le Code, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 23 février 2011 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant une séquence diffusée dans l’émission matinale, Roz and Mocha Show, de CKIS-FM (KISS 92.5, Toronto) le 13 août 2010. Un plaignant se préoccupait d’une conversation inappropriée qui avait eu lieu avec un interlocuteur âgé de dix ans qui s’est identifié comme « Noah » (Noé en français). Le plaignant a allégué que les animateurs ont dénigré son nom et mis en question sa religion, sa couleur et ses origines. Ils ont ensuite eu une conversation sur les érections. Le Comité régional de l’Ontario a jugé qu’il n’y avait pas eu d’infraction quant à la question des droits de la personne ou des commentaires à caractère sexuel, sauf dans la mesure où ces commentaires sexualisaient les enfants. Il a jugé que le Code sur la représentation équitable de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) a été enfreint à cet égard.

Bien que le Comité n’ait constaté aucune infraction quant aux droits de la personne, il a fait les observations suivantes concernant cette question :

Quand les animateurs ont posé la question inappropriée [traduction] « T’es un jeune de race blanche ou de race brune? », Noah a évité le piège en répondant [traduction] « Euh, je suis, bien, je suis Canadien. » Incapables de résister à la tentation de faire un commentaire inapproprié de plus, ils ont conclu [traduction] « D’accord, alors tu es un Blanc. » Le Comité trouve que le commentaire du côté des animateurs échoue du point de vue de l’inclusivité et de la sensibilité. Le Canada et sa plus grande ville sont diversifiés sur le plan ethnoculturel. Il n’est plus de mise de présenter sur les ondes ce qu’ont conclu les animateurs, c.-à-d. que l’équation « Canadien égale Blanc » constitue la règle, si en fait elle l’a déjà même été. En outre, une telle observation émanant d’un micro puissant risque de désensibiliser le public.

Les animateurs ont fait des blagues concernant le nom du garçon (Noah). Le Comité n’a constaté aucune violation à cet égard :

Dans l’affaire qui nous occupe, le Comité ne trouve pas que l’humour soit le moindrement délibéré, maladroit ou méchant à l’endroit de Noah. Au pire, ils lui ont demandé si d’autres lui font des blagues à propos de construire une arche. Et, lorsque les animateurs lui ont demandé, en prévision de la catastrophe hypothétique dictée par le destin qui aura lieu en 2012, s’ils auraient droit à une place à bord de l’arche qu’il construirait de concert avec tous les autres Noah, il a répondu adroitement [traduction] « [Ouais,] vous pourrez monter à bord. » Loin de faire de la critique aux dépens de l’interlocuteur, ils ont fait l’observation suivante : [traduction] « Tu t’exprimes très bien pour un jeune âgé de dix ans. »

Dans la discussion sur les érections, les animateurs ont fait des calembours sur le mot « arche ». Le Comité a trouvé qu’on ne pouvait pas tenir ces plaisanteries pour du contenu indûment sexuellement explicite, mais il était perturbé par les commentaires à caractère sexuel à l’endroit d’un enfant âgé de dix ans. Se rapportant à des décisions précédentes du CCNR sur la sexualisation des enfants, le Comité à conclu

que les animateurs sont allés au-delà de la simple mention d’une partie privée du corps. Comme dans [une décision précédente rendue par le Comité régional de l’Atlantique], la discussion concernait un état d’excitation sexuelle. Dans la décision rendue par le Comité régional de l’Atlantique, toutefois, le dialogue s’est déroulé entre deux animateurs et le Comité a quand même conclu qu’il y avait eu une infraction. Dans l’affaire qui nous occupe, la discussion ne s’est pas simplement déroulée entre deux animateurs adultes, elle a eu lieu avec un enfant âgé de dix ans. La diffusion de cette sexualisation du jeune interlocuteur, Noah, est également exploitante et va carrément à l’encontre des alinéas 8 a) et 8 b) du Code sur la représentation équitable.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, et des codes visant les services de télévision payante, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques – en 1970. Presque 760 stations de radio, services de radio par satellite, stations de télévision et services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.