La sexualisation des enfants à la radio enfreint le code sur la radiodiffusion, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 20 octobre 2010 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant des commentaires faits à l’endroit des partisans de Justin Bieber pendant l’émission matinale de CFNY-FM (102.1, The Edge, Toronto). Le 20 octobre 2009, les animateurs du Dean Blundell Show discutaient de gazouillis entre M. Blundell et les partisans du chanteur adolescent de chansons populaires lorsque l’animateur a fait des commentaires de nature sexuelle concernant certains de ces jeunes partisans. Le CCNR a conclu que les réflexions ont violé l’article 8 (Exploitation) du Code sur la représentation équitable de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR), lequel interdit la sexualisation des enfants en radiodiffusion.

Âgé de 16 ans, Justin Bieber est un chanteur de chansons populaires dont le style plaît principalement aux préadolescentes et adolescentes, soit un style qui se distingue nettement de la musique alternative et du rock accentué qu’on entend à l’antenne de The Edge. M. Blundell a apparemment affiché un commentaire sur sa page Twitter exprimant son aversion pour M. Bieber et laissant entendre, en termes vulgaires, qu’il est fort probable que M. Bieber soit un homosexuel. Les partisans de M. Bieber ont réagi dans les jours qui ont suivi en gazouillant des messages à M. Blundell pour défendre le chanteur et insulter M. Blundell. M. Blundell a affiché des commentaires supplémentaires en réponse, dont certains qui se rapportaient à l’inceste. Lors de la discussion de cette question sur les ondes le 20 octobre, les coanimateurs ont noté que les partisans avec qui M. Blundell avait communiqué avaient probablement environ 12 ans et ils ont répété deux des commentaires que M. Blundell avait gazouillés. Il a dit qu’il avait gazouillé à une partisane, [traductions] « Conserve ton énergie pour la puberté ou pour repousser ton père ce soir quand tu dormiras », et au sujet du seul partisan du sexe masculin qui avait communiqué avec lui, « [I]l sera un tapin avant qu’il ait dix-huit ans. […] S’il aime cette musique, c’est certain. »

Un auditeur s’est plaint qu’il était complètement inapproprié de suggérer que la jeune fille serait la victime de viol incestueux et que le jeune homme deviendrait un prostitué, étant donné que ces commentaires visaient des mineurs. La station a avancé que les commentaires n’étaient pas sexuellement explicites. Le Comité régional de l’Ontario du CCNR était d’accord avec le radiodiffuseur qu’il n’y avait aucune description explicite d’actes sexuels dans les commentaires, cependant il a jugé que les commentaires ont sexualisé les enfants de façon inappropriée contrairement à l’alinéa 8 b) du Code de l’ACR sur la représentation équitable. Il a dit ce qui suit :

Le CCNR n’a trouvé aucune justification pour des mentions censément humoristiques se rapportant à des enfants dans des contextes à caractère sexuel, y compris celles fondées sur des sous-entendus de nature sexuelle, les doubles sens et des commentaires à caractère sexuel non explicites qui ne poseraient aucun problème s’ils ciblaient des adultes. […] [L]e Comité conclut que la réflexion prépubertaire, [traduction] « Conserve ton énergie pour la puberté ou pour repousser ton père ce soir quand tu dormiras » était une mention gratuite, non nécessaire et qui violait nettement l’article 8 du Code sur la représentation équitable. Le Comité estime également que les prédictions selon lesquelles Josh, le jeune adepte des gazouillis (selon leur estimation, il avait environ 12 ans), sera un « tapin » d’ici à ce qu’il ait 18 ans sont semblables. Le Comité considère que ces commentaires étaient tout autant gratuits et non nécessaires et qu’ils contrevenaient au même titre à l’article 8 du Code sur la représentation équitable.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, et des codes visant les services de télévision payante, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques – en 1970. Plus de 735 stations de radio, services de radio par satellite, stations de télévision et services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.