TQS est responsable des infractions aux normes sur les concours diffusés dans le cadre de Call TV, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 19 août 2009 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision rendue par le Comité régional du Québec concernant la diffusion, par TQS (Montréal), de la version canadienne-française d’une émission de télévision européenne qui porte le nom de Call TV au Canada. Le nom de cette émission, soit Call TV, explique le principe sur lequel elle se fondait. Les téléspectateurs étaient encouragés à composer le numéro 1-900 à l’écran ou à envoyer un message texte (SMS) pour communiquer la solution aux divers casse-têtes présentés à l’écran afin de gagner des prix en argent (les participants devaient payer 1 $ pour chaque appel au numéro 1-900 ou chaque message texte, puisque cela représente la source des recettes de l’émission).

Le CCNR a reçu 185 plaintes envoyées par écrit ou faites par téléphone au sujet de Call TV. Ces plaintes portaient sur un vaste éventail de questions ayant trait à la frustration des personnes qui appelaient devant l’inaccessibilité du personnel de l’émission (et on les incitait à appeler ce personnel); les factures, parfois dans les centaines de dollars, que ces personnes ont reçues; l’allégation selon laquelle ces factures comprenaient des frais pour des appels qui n’ont pas réussi (en raison d’un signal d’occupation par exemple, et pour lesquels les animatrices ont déclaré à l’auditoire qu’il n’y aurait pas de frais); l’injustice, semblerait-il, d’au moins certains des concours; les  déclarations trompeuses faites par les animatrices au sujet de certains des concours; l’absence fréquente, et d’ailleurs inexplicable, d’appels pendant des périodes de temps relativement longues; les interlocuteurs qui arrivaient à avoir la ligne à la toute dernière minute; et ainsi de suite. Les questions découlant des diffusions comme telles sont du ressort du CCNR, tandis que celles concernant des activités hors des ondes, comme la facturation des appels téléphoniques pour lesquels il n’y a pas eu de connexion ne le sont pas.

Le Comité du Québec a conclu que l’émission n’était pas une infopublicité comme le prétendait le radiodiffuseur, mais plutôt une émission payée présentée comme une série de concours. Le Comité a trouvé que tous les casse-têtes à caractère mathématique posaient des problèmes.

Premièrement, aucun des interlocuteurs choisis par les producteurs de l’émission pour passer sur les ondes n’a réussi à donner la bonne réponse, pas plus qu’aucun des membres du Comité, et ce sans la moindre contrainte de temps et sachant la réponse fournie par l’animatrice à la fin de chacun des concours du genre, n’a pu justifier ou expliquer les réponses données.

Bien que cela ait forcément suscité des doutes parmi les membres du Comité quant au caractère légitime des casse-têtes que nous venons de mentionner, le manque inhérent de transparence pour les auditoires leur importe davantage. Les auditoires devraient être en mesure de savoir ou de comprendre les règles d’un concours et la transparence du résultat, surtout quand on leur demande de l’argent pour y participer. […] Là où, contrairement aux exemples raisonnables et usuels de concours que nous venons de mentionner, le résultat fondamentalement douteux n’est ni évident ni expliqué, le Comité considère que l’absence de transparence rend l’exécution du concours ni équitable ni légitime, contrairement à ce qui est stipulé à l’article 12 du Code de déontologie de l’ACR.

Le Comité a trouvé qu’à prime abord le concours le plus trompeur était celui du 12 juillet où il fallait deviner des prénoms. L’auditoire était invité à deviner les dix prénoms dont la deuxième lettre est un « A » qui se trouvaient dans les enveloppes des animatrices. Afin d’inciter les gens à croire qu’ils avaient une chance et à dépenser, par conséquent, 1 $ par appel ou message texte, l’animatrice faisait continuellement valoir qu’il s’agissait de noms familiers, simples, connus, communs. Le Comité a conclu qu’ils étaient loin d’être communs.

Les suppositions correctes, soit Marc, David, Jacques et Laurent, faisaient facilement partie de la catégorie des noms familiers, connus et communs, cependant le reste des noms, notamment Pancho, Hakan, Gabor, Darko, Lamar et Nanno n’en faisaient pas partie.  […] [I]ls étaient obscurs, sibyllins et pas du tout communs pour l’auditoire visé par l’incarnation canadienne-française de Call TV. Ce concours était ni plus ni moins trompeur, ce qui va à l’encontre de l’article 12 du Code de déontologie de l’ACR.

Bien que le radiodiffuseur ait tenté d’éluder la responsabilité de l’émission en affirmant que « TQS [n’est] que le diffuseur de cette émission payée » et en donnant le conseil suivant aux plaignants :
« pour connaître toutes les modalités, les règlements de l'émission et les vérifications qui s'y appliquent, nous vous conseillons de communiquer avec Mass Response TV » [apparemment le producteur de l’émission], le Comité du Québec a expliqué qu’en vertu des codes gouvernant les radiodiffuseurs privés et de la Loi sur la radiodiffusion, « TQS a l’entière responsabilité de toute infraction au Code de déontologie de l’ACR découlant de la diffusion de Call TV. »

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, et des codes visant les services de télévision payante, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques en 1970. Plus de 725 stations de radio, services de radio par satellite, stations de télévision et services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.