L’animateur d’une émission d’actualités jouit d’une plus grande souplesse sur le plan des commentaires et les télédiffuseurs de langue française doivent classifier eux-mêmes les films qu’ils passent, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision dans deux décisions rendues publiques aujourd’hui

Ottawa, le 17 février 2003 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publiques aujourd'hui deux décisions se rapportant au télédiffuseur TQS. La première a trait à un reportage de nouvelles présenté à l'émission Le Grand Journal de l'heure du midi le 6 décembre 2001. La deuxième décision concerne la diffusion du long-métrage L'Affaire Thomas Crown (la version doublée en français du film The Thomas Crown Affair) le 10 mars 2002 à 19 h. Le Comité régional du Québec n'a pas constaté d'infraction d'un quelconque des codes visant la radiotélédiffusion dans le premier cas, mais il a trouvé qu'il y avait eu des violations quant à la classification et aux mises en garde à l'auditoire dans le deuxième.

Le reportage diffusé dans le cadre du Grand Journal concernait une femme qui hébergeait environ 150 chats et chiens et que l'on expulsait de ses locaux puisque sa propriété n'était pas convenablement équipée pour y garder un si grand nombre d'animaux. Un journaliste sur place a fourni des détails sur la situation et on a également fait des mises à jour pendant l'émission. Le reportage comprenait, entre autres, des entrevues avec des représentants de la SPCA et la femme elle-même. L'animateur de l'émission, Gilles Proulx, a présenté et terminé ces reportages en y ajoutant ses propres effets sonores d'un chien qui aboie. Il a également parlé des animaux en utilisant des termes comme « chiens-chiens » et « pip-pits ». À un certain point, il a qualifié la femme en question de « cet animal rare » et a fait des commentaires au sujet des réponses sarcastiques qu'elle avait faites au journaliste en ajoutant qu'elle devrait se faire engager par une troupe comique bien connue. La femme faisant l'objet du reportage s'est plainte pour le motif que celui-ci avait été présenté de façon inappropriée. Le Comité régional du Québec en est venu à la conclusion que la diffusion de ce reportage n'avait enfreint aucune disposition du Code de déontologie de l'Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) ou du Code d'éthique de l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT). Le Comité a trouvé que le reportage était exact, équilibré et équitable puisqu'il se composait d'entrevues avec des spécialistes et qu'on avait donné l'occasion à la femme en question d'exprimer son point de vue. Le Comité s'est toutefois dit préoccupé par le fait que les « bouffonneries de [M. Proulx] ont eu pour effet de banaliser tant le sujet que la plaignante ». Il n'a cependant pas trouvé que les commentaires de l'animateur étaient suffisamment inappropriés pour constituer une violation d'un code, puisque M. Proulx n'a pas les mêmes responsabilités que les journalistes.

Par contre, le Comité a jugé qu'il y avait eu infraction dans le cas de L'Affaire Thomas Crown. Ce film, diffusé à 19 h, était classifié 8+ et ne s'accompagnait d'aucune mise en garde à l'auditoire. Un téléspectateur s'est plaint que l'heure choisie était trop tôt et que la classification n'était pas suffisamment élevée étant donnant que le film contient une longue scène d'amour entre les deux personnages principaux durant laquelle des fesses et des seins nus sont en évidence. Le Comité en est venu à la conclusion que même si TQS s'était fiée en partie sur la classification accordée par la Régie du cinéma du Québec pour la présentation du film dans les cinémas, les télédiffuseurs de langue française qui utilisent le système de classification de la Régie, qui est un système mis sur pied et utilisé pour les films passés dans les cinémas, doivent classifier eux-mêmes ce qu'ils passent au petit écran à la lumière du fait que le contenu télévisé est davantage à la portée du public. Le Comité a jugé qu'on aurait dû attribuer la classification plus élevée de 13+ à cette émission télévisée et que l'icône de classification aurait dû paraître à l'écran pendant la période stipulée, soit de 15 à 16 secondes, au début du film et au début de la deuxième heure de sa diffusion. TQS aurait également dû fournir une mise en garde à l'auditoire au début du film et après chaque pause commerciale. Pour ces deux raisons, le Comité a statué que TQS avait commis une infraction du Code d'application volontaire concernant la violence à la télévision de l'ACR.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté des codes qui constituent les normes du secteur concernant l'emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l'homme, sur les ondes, et ils s'attendent que leurs collègues les respectent. Ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 530 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.