Deux épisodes de l’émission satirique South Park ont un caractère trop adulte pour passer à la télé l’après-midi, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 19 janvier 2011 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant deux épisodes de South Park qui ont été diffusés par The Comedy Network en mars et avril 2010 à 17 h 30 HNE. Le CCNR a jugé qu’étant donné que les deux épisodes en question contenaient des thèmes destinés exclusivement à des auditoires adultes, ils n’auraient dû être diffusés qu’après le début, à 21 h, de la plage des heurs tardives.

South Park est une émission d’animation pour les adultes qui se centre sur la vie de trois enfants d’école primaire habitant la ville fictive de South Park dans l’état du Colorado. La série, qui passe à la télé depuis 1997, est bien connue pour son humour irrévérent, sombre et surréel ciblant un éventail de sujets, tout particulièrement ceux reflétant la culture, la religion et les célébrités américaines. Le Comité était entièrement conscient du but social et satirique de l’émission; il n’a éprouvé aucune difficulté que ce soit quant à la nature de South Park. Le Comité a parlé de la pertinence et de l’importance de cette question :

Le Comité est entièrement conscient de la validité et de la pertinence du commentaire social que cette série représente en général et il les respecte. C’est dans cet esprit qu’il rend la présente décision et en tenant compte de la pertinence spécifique de ce principe en ce qui concerne les deux épisodes en cause. Cependant, le Comité estime que les enjeux se rapportent à d’autres aspects, principalement la mise à l’horaire de l’expression de ce sentiment social et satirique et la méthode de le présenter.

Un des épisodes examiné par le CCNR contenait de nombreux mots grossiers, comme [traduction] « cul », « trou de cul » et « con », mais le mot « shit » et le mot « F » en anglais ont été assourdis. Cet épisode présentait également une scène suggérant des rapports sexuels entre deux hommes. Dans l’autre épisode il y avait des scènes de violence, notamment d’une femme qui tente de se suicider avec une carabine et qui paraît pendant le reste de l’épisode sans la partie supérieure de son visage et avec des tissus sanglants et déchirés autour de la partie inférieure. Le thème du deuxième épisode concernait la façon dont la société nord-américaine cherche à « détruire » les jeunes vedettes, et la femme dans ce cas-ci meurt à la fin de l’épisode à cause de l’intérêt excessif que le public manifeste envers elle.

Le CCNR a reçu deux plaintes, chacune de la part d’une personne différente, au sujet de ces épisodes. Les deux plaignants se préoccupaient du fait que le contenu avait un caractère trop « adulte » pour passer à 17 h 30. The Comedy Network a fait valoir que les épisodes avaient été classifiés 14+, qu’ils s’accompagnaient de mises en garde à l’auditoire et que d’autres émissions ayant des thèmes adultes étaient également diffusées pendant la journée. Le Comité national des services spécialisés du CCNR a étudié les plaintes à la lumière des dispositions pertinentes du Code de déontologie et du Code concernant la violence de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR).

Le Comité a conclu qu’en raison du langage grossier qui revenait à maintes reprises dans le premier épisode, il n’aurait dû être diffusé qu’après 21 h, mais qu’étant donné que la seule scène à caractère sexuel était suggestive plutôt qu’explicite, sa mise à l’horaire n’était pas assujettie aux mêmes restrictions. Le Comité a dit ce qui suit au sujet de la répétition du langage grossier dans le premier épisode :

Même si le Comité n’aurait peut-être pas admis une mention ou un très petit nombre de mentions des termes précités, le Comité estime leur utilisation cumulative fort problématique [ce qui exige leur diffusion] après le début, à 21 h, de la plage des heures tardives.

Le Comité a également jugé que le deuxième épisode aurait dû passer après 21 h vu son contenu à caractère violent et a déclaré qu’il était

entièrement conscient de la validité et de la pertinence du commentaire social que cet épisode présente au sujet de la fascination pour la célébrité, de la façon irréfléchie dont on poursuit les vedettes et des effets tragiques qui peuvent résulter de l’harcèlement de ces personnalités, et il respecte cette validité et cette pertinence. La préoccupation du Comité ne tient pas à ce but sociosatirique de l’émission, mais plutôt à l’heure choisie par le télédiffuseur pour communiquer ce message.

En outre, le Comité a également constaté que The Comedy Network a commis une autre infraction d’un code pour avoir omis de mentionner la violence et le caractère sexuel dans ses mises en garde à l’auditoire, lesquelles portaient uniquement sur l’humour et le langage destinés aux adultes. Il a également noté que l’épisode violent avait en fait été classifié 18+ tel qu’il cnvenait de le classifier, malgré le fait que The Comedy Network prétendait lui avoir attribué la classification 14+.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, et des codes visant les services de télévision payante, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques – en 1970. Presque 760 stations de radio, services de radio par satellite, stations de télévision et services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.