La divulgation de renseignements confidentiels et l’emploi de commentaires insultants sont injustes et inappropriés, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 20 juillet 2004 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant la discussion tenue par l’animateur Gilles Proulx au sujet de la grève des services de transport en commun pendant son émission de midi, « Le Journal du midi », qui a été diffusée par TQS le 24 novembre 2003. Le Comité régional du Québec a examiné l’émission touchée et en est venu à la conclusion que TQS avait enfreint à la fois l’article 6 du Code de déontologie de l’ACR, lequel exige la présentation complète, juste et appropriée des nouvelles, des points de vue, des commentaires ou des textes éditoriaux, et l’article 4 (vie privée) du Code d’éthique journalistique de l’ACDIRT.  

Dans l’émission dont il est question, l’animateur Gilles Proulx a repris une discussion qu’il avait amorcée dans des émissions précédentes sur la grève des services de transport en commun qui se déroulait à l’époque. Dans cette émission en particulier, M. Proulx a fait des commentaires sur une plainte qui avait été portée contre lui au sujet de son point de vue sur la grève. Le plaignant avait écrit directement à l’animateur et avait également fait part de ses préoccupations au CRTC. M. Proulx a entamé ses commentaires sur la plainte en donnant le nom complet du plaignant et en indiquant la ville où travaille ce monsieur, ainsi que la localité où il habite. L’animateur a ensuite ajouté que le plaignant « n’a rien compris dans sa tête de cabochon et son cerveau gros comme un pois à soupe, n’a rien compris. » Le même plaignant a écrit au CCNR pour signaler ses préoccupations sur deux questions : premièrement, la diffusion, à la télévision, de son nom et d’autres renseignements confidentiels sans qu’il n’en soit au courant ou qu’il n’y consente, et deuxièmement, l’attitude de l’animateur envers ceux et celles qui ne partagent pas son point de vue et la façon dont il caractérise ces personnes. 

Le Comité a examiné l’épisode visé de l’émission et a statué qu’il a violé le Code de déontologie de l’ACR (code général) et le Code d’éthique journalistique de l’ACDIRT. Le Comité a trouvé que ces divulgations constituaient

un exercice injustifié du pouvoir du micro pour des raisons mesquines et vindicatives. Gilles Proulx n’avait aucune justification possible pour mentionner, sur les ondes, le nom du plaignant et en avait encore moins pour indiquer la ville où ce monsieur habite et l’endroit où il travaille. L’animateur a posé ce geste pour des motifs de méchanceté et d’insulte. Le fait que le plaignant ait écrit directement à M. Proulx était une affaire privée, et le fait qu’il ait déposé une plainte au CRTC était également selon lui un geste non public. […]

 N’oublions pas non plus que ceux et celles qui se plaignent au CRTC ou au CCNR ne sont pas des personnes qui ont accès au pouvoir d’un micro et à une licence de radiotélédiffusion. Ceux qui sont visés par ce genre de plainte et qui détiennent une licence et le pouvoir du micro ne doivent pas perdre de vue que ces outils puissants ne leur ont pas été fournis pour leur permettre de se livrer personnellement à la vengeance. Les auditeurs et les téléspectateurs ont le droit de se plaindre et, dans la grande majorité des cas dont le CCNR est saisi, les radiotélédiffuseurs se montrent réceptifs et responsables devant les plaintes. Heureusement, une situation comme celle qui nous occupe ici ne se produit que rarement.

 […]Le principe général veut que les plaintes sont confidentielles, du moins en ce qui concerne la diffusion de toute information personnelle au sujet des plaignants. La diffusion du nom du plaignant et des renseignements concernant où il habite et travaille constitue une violation des dispositions citées plus haut des codes de l’ACR et de l’ACDIRT. De plus, la diffusion des commentaires insultants tels “sa tête de cabochon et son cerveau gros comme un pois à soupe”, est à la fois injuste et inappropriée sans compter qu’elle enfreint l’article 6 du Code de déontologie de l’ACR.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté des codes qui constituent les normes du secteur concernant l'emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l'homme, sur les ondes, et ils s'attendent que leurs collègues les respectent. Ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 530 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.