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Ottawa, le 14 février 2007 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant un épisode de fatbluesky, une émission style magazine sur les sports extrêmes diffusée par Global Television à 10 h. Cet épisode comportait des séquences utilisant le « mot F » en anglais et d’autres montrant un homme qui boit de la bière pendant qu’il est au volant d’un canot automobile. Le Comité national de la télévision générale du CCNR en est venu à la conclusion que Global a enfreint le Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) pour avoir diffusé cet épisode avant le début de la plage des heures tardives, à savoir 21 h, et pour avoir omis de présenter des mises en garde à l’auditoire pendant l’émission. 

Centrée sur les sports d’action comme la planche à roulettes et le ski extrême, ainsi que les styles de vie et les sous-cultures s’y rapportant, l’émission fatbluesky était une émission style magazine qui s’adressait aux jeunes. L’épisode diffusé sur les ondes de Global le 27 mai 2006 à 10 h mettait en vedette une séquence sur un jeune homme qui fait de la planche à roulettes. À un moment donné pendant cette séquence, on l’entend utiliser le « mot F » en anglais. Dans une autre séquence de l’épisode, on voit un homme qui gagne sa vie comme pêcheur. Il utilise le « mot F » en anglais à maintes reprises et boit de la bière continuellement pendant qu’il est au volant de son canot automobile. À un moment donné, il s’adresse directement à la caméra et encourage le jeune auditoire à imiter son comportement. Aucune mise en garde à l’auditoire n’accompagnait l’épisode. 

Le CCNR a été saisi d’une plainte de la part d’un téléspectateur qui se préoccupait de la présentation de langage grossier et de comportements peu prudents dans une émission destinée aux jeunes. Le télédiffuseur a convenu que l’épisode était inapproprié et a annulé l’émission. Quoi qu’il en soit, le Comité du CCNR a examiné la plainte à la lumière des articles 10 et 11 du Code de déontologie de l’ACR, lesquels exigent la diffusion de contenu destiné aux adultes après 21 h et la présentation de mises en garde avertissant l’auditoire de ce genre de contenu. Le Comité national de la télévision générale en est venu à la conclusion qu’en raison de la présence du « mot F », l’émission faisait partie de celles « à l’intention des auditoires adultes », et que Global aurait dû par conséquent la présenter qu’après 21 h et l’accompagner de mises en garde à l’auditoire convenables. Le Comité a également jugé que les scènes d’alcool au volant constituaient un thème adulte qui n’aurait pas non plus dû passer avant 21 h. Il a fait les commentaires suivants : 

Dans le cas qui nous occupe, le Comité considère que malgré le fait que Joe, le conducteur de bateau irresponsable, s’adresse aux jeunes de l’auditoire à un moment donné […], les gamineries invraisemblables et illégales auxquelles il se livre pendant qu’il boit en conduisant le bateau sont tout à fait inappropriées pour un auditoire non adulte. Il est évident que le comportement de Joe ne posait pas de problème aux yeux des producteurs et des programmeurs, puisqu’on le voit avec son sourire narquois chaque fois qu’il prend une gorgée d’alcool. Qui plus est, aucun élément de l’émission n’a fait valoir que le comportement de Joe était illégal et dangereux. […] Bien qu’on puisse maintenir que l’alcool au volant n’est pas plus un exemple souhaitable pour les adultes, le Comité est conscient que les adultes sont capables de faire preuve de discernement, alors que les personnes plus jeunes ne possèdent pas nécessairement cette capacité. Et, le fait de banaliser les pratiques nautiques de Joe serait encore plus désarmant pour les jeunes téléspectateurs. Toute réflexion faite, le Comité estime que les scènes de bateau dans cet épisode de fatbluesky constituent un thème exclusivement adulte qui n’aurait par conséquent pas dû être diffusé avant le début de la plage des heures tardives.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie et l’emploi de stéréotypes sexuels ainsi que la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du Code de déontologie (journalistique) adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 600 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.