Divers épisodes d’une émission de causerie ont violé les normes de la radiodiffusion, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 1er décembre 2010 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant plusieurs épisodes de Dupont le midi diffusés sur les ondes de CHOI-FM (Radio X, 98.1, Québec). Le CCNR a conclu que l’animateur de l’émission de causerie Stéphane Dupont, ainsi que ses coanimateurs, avaient le droit d’exprimer leurs opinions sur des questions controversées, mais que certains des épisodes contenaient de l’information inexacte sur l’assistance sociale, des représentations indûment négatives des Haïtiens et du langage grossier qui ne convient pas aux émissions diffusées pendant la journée. Il a également conclu qu’une discussion sur le suicide, y compris la diffusion du nom de deux victimes du suicide, n’ont pas enfreint les codes sur la radiodiffusion. Cependant, deux des membres du Comité décideur ont exprimé une opinion dissidente à cet égard.
L’émission Dupont le midi est diffusée les jours de semaine de 11 h 30 à 14 h. On y présente des discussions parmi les animateurs sur l’actualité et des questions sociales et politiques. Le CCNR a reçu plusieurs plaintes de diverses personnes au sujet d’une variété de commentaires faits pendant des épisodes distincts de 2008 à 2010.

La première décision porte sur une discussion au sujet de l’assistance sociale. Les animateurs ont fait des déclarations sur les montants d’argent que touchent les assistés sociaux et ont dit qu’à leur avis il est plus avantageux pour une mère seule de toucher des prestations d’assistance sociale que d’avoir un emploi rémunéré. Le CCNR a été saisi d’une plainte du Front commun des personnes assistées sociales du Québec, lequel a expliqué que les montants cités dans l’émission Dupont le midi étaient entièrement inexacts. Le Comité régional du Québec du CCNR a expliqué que même si les animateurs « ont le droit d’avoir et de diffuser leurs propres opinions méprisantes et désobligeantes au sujet des bénéficiaires de l’assistance et de l’aide sociales, ils se doivent de présenter à l’auditoire un argument qui est axé sur des renseignements solides plutôt que trompeurs. » Le Comité était d’accord avec l’organisme qui a porté plainte pour dire qu’on avait déformé les chiffres à maintes reprises dans l’émission et qu’on les y avait présentés de façon inappropriée en leur prêtant l’autorité qui découle du fait d’animer une émission radiophonique, violant ainsi l’article 6 du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR).

La deuxième décision concerne plusieurs épisodes dans lesquels les animateurs ont discuté du suicide. L’animateur Stéphane Dupont a exprimé son opinion selon laquelle le suicide est un geste de lâche, il n’y a aucun problème si grave dans la vie qui puisse justifier le suicide, on ne devrait pas glorifier le suicide et les personnes suicidaires ont besoin d’« un coup de pied au cul » au lieu d’un « coup de main ». Dans le contexte de diverses discussions sur le sujet, deux personnes s’étant récemment suicidées ont été nommées. Le CCNR a reçu des plaintes de gens qui connaissaient ces deux hommes, qui s’opposaient au fait que le nom de chacun d’eux avait été diffusé et qui ont pris la position que ces deux hommes avaient été insultés dans l’émission. La majorité du Comité a conclu que dans l’ensemble le message véhiculé par l’émission était que le suicide ne doit pas se voir comme une solution aux problèmes de la vie, et que l’émission n’avait pas dénigré les deux victimes du suicide en tant que personnes parce que « [l]’animateur et ses collègues ont pris le soin d’établir la distinction entre les personnes et leur décision de se suicider. » La diffusion du nom de chacun des hommes sur les ondes ne posait aucun problème pour la majorité du Comité étant donné que le public avait eu accès à cette information par le biais d’Internet. Deux membres du Comité avaient toutefois une opinion dissidente, car ils ont jugé que la façon sévère dont M. Dupont a traité les personnes suicidaires était « susceptible d’être danger[euse] » et que son attitude dédaigneuse envers les problèmes de « deux personnes spécifiques et nommées » témoignait d’un manque de sensibilité.

La troisième décision se rapporte à une discussion sur Haïti dans la période après le tremblement de terre dévastateur qui a frappé ce pays en janvier 2010. L’animateur, soit M. Dupont, a déclaré qu’il n’avait fait aucun don pour aider les Haïtiens parce qu’on ne pouvait pas savoir avec certitude que les gens nécessiteux reçoivent vraiment l’argent. Il s’est plaint qu’il avait vu, aux nouvelles, un groupe de Haïtiens en bonne santé qui restaient assis à attendre l’assistanat gouvernemental. Il a également qualifié le gouvernement haïtien de voleurs. Et, en fin de compte, il a traité la ville de Port-au-Prince et les Haïtiens de criminels. Bien que le Comité ait conclu que ces commentaires n’étaient pas abusifs ou indûment discriminatoires, il a effectivement jugé que leur effet cumulatif constituait une représentation indûment négative des Haïtiens, ce qui va à l’encontre de l’article 3 du Code de l’ACR sur la représentation équitable.

Dans toutes les décisions, le Comité a également jugé qu’il y avait eu violation de l’alinéa 9 c) du Code de déontologie de l’ACR en raison de la diffusion de langage grossier, y compris divers jurons à caractère religieux en français et le mot F en anglais.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, et des codes visant les services de télévision payante, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques – en 1970. Plus de 750 stations de radio, services de radio par satellite, stations de télévision et services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.