Des agressions verbales contre une juge de la Cour d’appel étaient inappropriées , déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 23 mai 2007 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant un épisode de L’Avocat et le diable diffusé sur les ondes de TQS. Le sujet de l’épisode du 31 mai 2006 de cette émission de ligne ouverte portait sur une décision rendue par la Cour d’appel du Québec concernant la peine imposée à un pédophile par un tribunal inférieur. Les animateurs et les interlocuteurs ont critiqué la juge qui a rédigé l’opinion de la majorité, laquelle a réduit la sentence prononcée à l’origine. Le Comité régional du Québec du CCNR en est venu à la conclusion que certaines des réflexions faites à l’endroit de la juge ont enfreint le Code de déontologie et le Code concernant la violence de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR).

Les animateurs de l’émission L’Avocat et le diable ont déclaré qu’à leur avis, la décision rendue par Madame la juge Lise Côté était incorrecte et qu’elle devrait démissionner ou être obligée de quitter son poste. Ils l’ont traitée, de concert avec leurs interlocuteurs, de « folle », de « déshonorable », d’« une honte » et sont allés jusqu’à suggérer qu’elle devrait, elle aussi, faire l’objet d’une agression sexuelle du genre commis par le coupable.

Le CCNR a été saisi d’une plainte de la part d’un téléspectateur qui se préoccupait du fait que ces commentaires ne sont pas acceptables sur les ondes. TQS a fait valoir que les animateurs ne faisaient que jouer le rôle « d’avocat du diable » en critiquant la décision de la Cour d’appel. Cependant, le Comité régional du Québec était d’accord avec le plaignant. Tout en admettant que les radiodiffuseurs peuvent critiquer le gouvernement ainsi que les gestes posés par le secteur judiciaire et les décisions qu’il rend, il a conclu que les attaques personnelles à l’endroit de la juge Côté étaient d’un niveau suffisamment élevé pour enfreindre la disposition du Code de déontologie de l’ACR exigeant « la présentation complète, juste et appropriée ». TQS a également enfreint le Code concernant la violence de l’ACR étant donné qu’un des animateurs a préconisé qu’il « faudrait peut-être qu’elle se fasse violer la juge, puis voir c’est quoi. » Le Comité a exprimé sa décision comme suit :

Le Comité réitère qu’il appuie le principe de la critique des politiques du genre en tant qu’aspect fondamental du processus démocratique, et que des discussions justes au sujet des controverses qui peuvent découler de ce genre de décisions constituent également un aspect fondamental. […] Il s’attend, cependant, à ce que les commentaires, opinions et critiques du genre soient ad rem et non ad hominem ou ad feminam – autrement dit qu’ils s’en tiennent à la question sans déborder sur la personne – au contraire de ce qui s’est passé dans l’affaire qui nous occupe. […] [L]e Comité considère que certains des commentaires endossaient la violence ou y incitaient. […] Ces commentaires portent les observations personnalisées à un extrême encore plus inacceptable.

 Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie et l’emploi de stéréotypes sexuels ainsi que la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du Code de déontologie (journalistique) adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 600 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.