L’émission d’interview-variétés Weekend n’encourageait pas la haine, mais n’aurait pas dû contenir le « mot F », déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 6 février 2003 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd'hui sa décision concernant un épisode de Warren on the Weekend, une émission radiophonique de ligne ouverte qui est diffusée à l'antenne de CKNW-AM de Vancouver. Le Comité régional de la Colombie-Britannique a été saisi d'une plainte au sujet d'un commentaire fait par un interlocuteur dans le cadre de l'épisode concernant le célibat chez les prêtres catholiques. Après avoir évalué l'enregistrement de l'épisode visé, le Comité a statué que même si le contenu de l'émission n'était pas abusivement discriminatoire, la station n'aurait pas dû permettre qu'on prononce le « mot F » pendant cette émission diffusée le matin.

L'émission Warren on the Weekend est animée par Peter Warren. Le 24 mars 2002, ses invités étaient le secrétaire général de la Conférence des évêques catholiques du Canada et le porte-parole de Corpus Canada, un organisme qui épaule le droit des prêtres catholiques de se marier ou de vivre avec un ou une partenaire (qu'il s'agisse d'un couple homosexuel ou hétérosexuel). Les deux invités ont eu droit au même montant de temps pour exposer leurs points de vue respectifs sur le célibat chez les prêtres et pour répondre aux questions posées par des interlocuteurs. Le Comité a trouvé que la discussion était « équilibrée, raisonnablement amicale et remarquablement exempte d'hostilité et même d'arguments acérés. » Bien que M. Warren ait clairement indiqué que la discussion ne se transformerait pas en « une diatribe anticatholique » (trad.), un interlocuteur a réussi à passer en ondes et a dit aux représentants religieux de « f*** off ». Un auditeur a écrit au CCNR pour se plaindre que cette déclaration encourage la haine contre les catholiques et pour dire que le radiodiffuseur aurait dû couper cette séquence de langage grossier. CKNW-AM a expliqué que sa nouvelle technologie de retardement avait fait défaut ce jour-là.

Le Comité régional de la C.-B. a examiné la plainte à la lumière du Code de déontologie de l'Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). Il en est venu à la conclusion que dans l'ensemble, l'émission n'était pas abusivement discriminatoire envers les catholiques, et que le seul appel désagréable était « un phénomène isolé qui ne traduit aucunement le ton de l'émission, émission qui n'a d'ailleurs pas favorisé de mauvais sentiments dans tous les autres sens […] contre la communauté catholique ». Le Comité en est toutefois venu à la conclusion que le radiodiffuseur aurait dû être en mesure de couper le « mot F » à cette période de la journée, ou qu'au minimum l'animateur aurait dû faire un commentaire sur l'inopportunité du mot si les mécanismes techniques faisaient défaut. Il a jugé que CKNW-AM a enfreint le Code en ce qui concerne cet aspect.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté des codes qui constituent les normes du secteur concernant l'emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l'homme, sur les ondes, et ils s'attendent que leurs collègues les respectent. Ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 530 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.