La diffusion de l’émission Wildest Spring Break Moments doit se faire après 21 h, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 26 mai 2010 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant la diffusion, en décembre 2008 et mai 2009, d’une émission intitulée E!’s Wildest Spring Break Moments. Cette émission, consacrée à des scènes de jeunes gens participant à diverses activités se rapportant à la consommation d’alcool et aux rapports sexuels pendant les vacances du printemps dans divers endroits autour du monde, a été diffusée sur les ondes de CHCH-TV quand elle portait encore le nom E! et appartenait à Canwest Media. L’émission a été diffusée à 13 h aux deux occasions. Le CCNR a conclu qu’elle n’aurait dû être diffusée qu’après l’heure critique de 21 h, soit le début de la plage des heures tardives, selon les lignes directrices énoncées dans le Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR).

E!’s Wildest Spring Break Moments montrait de nombreuses scènes de jeunes hommes et femmes nus ou partiellement dévêtus qui participent à divers concours, comme des concours de t-shirt mouillé, la lutte dans l’huile et le pouding et des concours de positions sexuelles. Il y avait souvent des gros plans de seins et de fesses, mais la nudité comme telle était masquée par pixellisation. Des clips d’humoristes faisant des commentaires drôles ou sarcastiques au sujet des activités à l’écran étaient intercalés entre ces scènes. Plusieurs de ces commentaires ont été faits de manière sexuellement suggestive.

Le CCNR a reçu une plainte de la part d’un téléspectateur qui était d’avis que cette émission n’aurait pas dû passer à la télévision à la mi-après-midi, surtout sans icône de classification ou mises en garde à l’auditoire. Le télédiffuseur a expliqué qu’il avait accompagné la diffusion de décembre 2008 de mises en garde à l’auditoire et de la classification PG, mais qu’en raison d’une erreur humaine ces mises en garde n’ont pas été incluses lors de la diffusion faite en mai 2009. Le Comité régional de l’Ontario du CCNR a constaté que l’icône PG avait effectivement paru lors de la diffusion de mai 2009, mais qu’aucune mise en garde à l’auditoire n’avait été présentée dans ce cas-là.

Le Comité a décidé que l’émission aurait dû paraître qu’après 21 h, conformément à l’article 10 du Code de déontologie, lequel stipule que le contenu à caractère sexuel qui est destiné aux adultes ne doit paraître qu’entre 21 h et 6 h. Il a dit ce qui suit :

[P]resque chaque séquence de cette émission d’une heure suggérait, de manière très poussée, de l’activité sexuelle. Prises collectivement, l’impression qu’elles donnaient forcément aux téléspectateurs en était une d’unions sexuelles libidineuses et tapageuses qui ont lieu au hasard. De l’avis du Comité, la diffusion de ce type d’émission ne pose pas de problème inhérent; la seule question qui se pose pour lui est celle de savoir quand on peut la diffuser. Le Comité estime que le déluge constant de messages à caractère sexuel est tout à fait inapproprié à une heure avant le début de la plage des heures tardives. […] Le Comité tient à préciser que le fait de masquer les parties génitales par pixellisation n’a pas diminué le caractère explicite du contenu à caractère sexuel. […] L’infraction est attribuable à la présentation, à 13 h, de contenu uniformément de nature sexuelle, situation qui n’est ni avantagée ni désavantagée par les éléments visuels masqués par pixellisation.

Le Comité a également conclu que la classification de l’émission aurait dû être 14+ plutôt que PG étant donné le contenu qui était uniformément présenté de manière sexuellement suggestive, et qu’une mise en garde à l’auditoire aurait dû être diffusée au début de l’émission et après chaque pause publicitaire, comme l’exige l’article 11 du Code de déontologie de l’ACR.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, et des codes visant les services de télévision payante, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques en 1970. Plus de 735 stations de radio, services de radio par satellite, stations de télévision et services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.