Communiqués de presse

Le dialogue diffusé à la Saint-Valentin dans le cadre du Tom Leykis Show dénigre les femmes et est également indûment sexuellement explicite, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 20 novembre 2003 - Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd'hui sa décision concernant un épisode, diffusé le 14 février 2003, de l'émission en provenance des États-Unis, Tom Leykis Show, qui à l'époque était diffusée à l'antenne de CHMJ-AM (MOJO Radio) de Vancouver. Depuis lors, CHMJ-AM a retiré cette émission des ondes. Un plaignant a avancé l'argument selon lequel cette émission de radio favorisait l'objectification des femmes et la haine envers elles. Le Comité régional de la Colombie-Britannique du CCNR en est venu à la conclusion que l'émission diffusée par CHMJ a enfreint certaines dispositions de deux codes de l'Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR), notamment le Code de déontologie et le Code concernant les stéréotypes sexuels à la radio et à la télévision, lesquelles interdisent l'objectification et le dénigrement des personnes fondés sur le sexe, d'une part, et la diffusion de contenu indûment sexuellement explicite, d'autre part.

Pendant l'épisode en cause, l'animateur a répondu à des appels de la part d'auditeurs et d'auditrices pendant une diffusion en directe qui s'est déroulée dans une taverne de la localité. Le sexe et les conseils en matière d'amour, dans le contexte de la Saint-Valentin, constituaient le sujet général de la discussion. L'animateur a continuellement utilisé des termes comme « garce », « coureuse d'argent », « poulettes lamentables », « un autre vagin illettré et ignorant » et d'autres termes semblables à l'endroit des femmes, et il a de plus permis à d'autres d'en faire autant. Il a souligné que les femmes ne méritent aucun traitement spécial le jour de la Saint-Valentin. Il a en plus mis des seins en exposition, du moins du mieux qu'il a pu dans un contexte radiophonique, et s'est livré à des conversations indûment sexuellement explicites dans lesquelles on décrivait, entre autres, des actes de sexe oral.

Le Comité régional de la C.-B. a jugé que les commentaires de l'animateur au sujet des femmes consistaient en bien plus que la diffusion de simples sous-entendus à caractère sexuel et qu'ils « soulignaient que leur seule valeur est celle d'être des objets de gratification pour les hommes. » (traduction). Le Comité a cité le principe découlant de la décision rendue dans le cas de Howard Stern, à savoir « que les femmes dans ce pays ont droit au respect que méritent leurs qualités intellectuelles, émotives, personnelles et artistiques, et ce pas plus et pas moins que les hommes, mais tout autant que les hommes. » (traduction). Le Comité a ajouté, en ce qui concerne l'épisode du Tom Leykis Show faisant l'objet de la plainte, que

la grande mesure dans laquelle le contenu affiche un manque de respect pour les femmes et l'envergure notable de son indifférence envers leur statut d'égalité sont tout à fait étonnantes. Comme le CCNR a fait remarquer dans des décisions précédentes, la programmation qui peut être acceptable aux États-Unis risque de ne pas se conformer aux normes davantage respectueuses qui ont cours dans le coin canadien du village mondial. Il faut se garder de mésestimer la désensibilisation des auditoires canadiens que la diffusion d'une telle moquerie des femmes pourrait entraîner. Ce genre d'émission n'apporte rien d'avantageux sur nos ondes. La liberté d'expression est certes une valeur fort prisée, cependant l'exercice de cette liberté, sans limites, ne fait rien pour renforcer la structure sociale du Canada. (traduction)

Plusieurs des appels se rapportant à des actes sexuels portaient sur des actes de sexe oral. Le Comité estime qu'ils étaient indûment sexuellement explicites sous l'angle de la disposition sur la radiodiffusion du Code de déontologie de l'ACR.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté des codes qui constituent les normes du secteur concernant l'emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l'homme, sur les ondes, et ils s'attendent que leurs collègues les respectent. Ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 530 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.