Bubbles Galore n’enfreint aucun code de radiotélédiffusion, tranche le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 26 janvier 2000 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié aujourd’hui sa décision concernant la diffusion, par Showcase Television, du long-métrage canadien controversé, Bubbles Galore. Des auditeurs se sont plaints [traduction] « du contenu sexuel explicite » du long-métrage. Bien que les plaignants n’aient pas soulevé des questions se rapportant à la violence en tant que telle, le Conseil régional de l’Ontario a examiné les plaintes à la lumière et du Code d’application concernant les stéréotypes sexuels à la radio et à la télévision et du Code d’application volontaire concernant la violence à la télévision de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). Le Conseil n’a trouvé de manquement à ni l’un ni l’autre de ces codes et a conclu sans hésitation que le long-métrage ne contenait aucune exploitation fondée sur le sexe.

Bien qu’il est exact d’observer que, sur une base strictement quantitative, la nudité féminine puisse être davantage représentée que la nudité masculine, le Conseil estime qu’il est à propos de rappeler que l’objectif du long-métrage, du même que du film qui y est mis en abyme, est de représenter la création de films érotiques du point de vue des femmes. L’objectif créatif, par conséquent, est inhéremment sensible à — et donc dénué de toute volonté d’exploitation — la représentation des sexes.

En outre, le Conseil a réitéré son hésitation à traiter de questions de goût :

[U]n plaignant peut être offusqué par le caractère « inapproprié » du contenu comme par la qualité douteuse du long-métrage, qu’il s’agisse de mauvais goût, d’un texte mal écrit ou sans énigme ou encore de toute autre composante du film. Néanmoins, la position du Conseil demeure que le plaignant doit alors exercer son droit de changer de poste comme sanction personnelle...

Bien que le Conseil n’a pas jugé que le long-métrage contenait une violence gratuite, il a cependant trouvé qu’une scène de viol soulevait une question épineuse sur laquelle il avait dû se pencher à la lumière de l’Article 7 du Code concernant la violence, lequel article traite de la violence faite aux femmes. En ce qui a trait à ladite scène, le Conseil a affirmé que :

[À] certains égards, la scène est tout à fait étrangère à la représentation réaliste d’un viol. Pendant cette scène — qui s’avère de toute évidence une machination dramatique du cinéaste — Vivian demeure [...] détachée, imperturbable, indifférente au viol. On dirait presque qu’elle occupe une position psychologique supérieure et qu’elle dit à l’agresseur « dans la mesure où tu voudrais, par cet acte, manifester ton contrôle sur moi, tu as échoué. Je ne suis pas affectée par ce que tu fais. » [...] Bien que la nature détestable et criminelle de cet acte est incontestable, le Conseil estime que le contexte d’individus engagés, psychologiquement parlant, dans un « duel » fait en sorte que Vivian a le dessus de la situation. De plus, la scène de viol n’inspire au Conseil aucune des préoccupations que lui inspiraient le cas de CHCH-TV au sujet du long-métrage Strange Days (Décision du CCNR 98/99-0043 et 0075, 3 février 1999); le long-métrage en question contenait une scène explicite d’agression sexuelle dans laquelle la douleur et la frayeur étaient clairement dépeintes sur le visage de la victime qui fut finalement étranglée à mort. [...] En ce sens, la violence n’est pas destinée à être perçue comme étant réelle, et encore moins comme étant séduisante. Cette scène, bien qu’une composante malheureuse dans un long-métrage malheureux, ne s’avère pas pour autant une violation du Code concernant la violence.

Les radiodiffuseurs privés du Canada ont établi des normes pour l’industrie de la radiodiffusion sous forme d’un code de déontologie, d’un code portant sur les stéréotypes sexuels et d’un code portant sur la violence à la télévision et auxquels les membres doivent souscrire. Ils ont aussi créé le CCNR, qui est l’organisme d’autoréglementation ayant la responsabilité d’administrer ces codes, ainsi que le code des pratiques journalistiques de l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT), créé en 1970. Plus de 430 stations de radio et de télévision à travers le Canada sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les hyperliens avec les sites Web des membres et d’autres sites ainsi que l’information connexe sont accessibles dans le Web au www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, communiquez avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.