CITY-TV a enfreint les normes de la radiotélévision concernant la violence à la télévision

Ottawa, le 2 juin 1998 – Le Conseil canadien de la radiotélévision (CCNR) a publié aujourd’hui sa décision concernant la diffusion sur CITY-TV d’un épisode de Hard Copy, une émission américaine quotidienne d’affaires publiques.

À l’émission du 11 novembre 1996 sur CITY-TV, Hard Copy comprenait l’histoire d’une bonne qui avait abusé supposément de l’enfant qu’on avait confié à ses soins. Une vidéo prouvant l’abus était projetée par Hard Copy d’abord au début pour attirer l’auditoire, puis en tout ou en partie, 9 fois pendant le segment qui ne dura qu’à peine 3 minutes. Un téléspectateur s’est plaint que CITY-TV ait montré « une attaque violente de la vraie vie contre un enfant sans défense de 2 ans pendant la période de grande écoute » et que la présentation de la scène à plusieurs reprises correspondait à de la pornographie enfantine.

En étudiant la plainte selon laquelle la vidéo violente n’aurait pas dû être montrée du tout, le Conseil a conclu que la vidéo contenue dans le reportage de Hard Copy faisait partie intégrante de l’histoire de la bonne abusive. En outre, le Conseil a conclu que le télédiffuseur a exercé la discrétion et le jugement éditorial appropriés, tel que requis par le Code concernant la violence à l’égard des émissions d’actualités et d’affaires publiques, en permettant que la vidéo soit diffusée. Le Conseil a noté que les reportages sur les abus à l’égard des enfants, tout comme les reportages sur d’autres crimes et questions d’intérêt général, sont dans l’intérêt public et que les télédiffuseurs ne devraient pas hésiter à présenter ce genre de sujet et d’autres sujets controversés par crainte que leur simple présentation puisse entraîner une infraction aux normes de la radiotélévision.

Bien que le Conseil n’ait pas conclu que le contenu du segment vidée était tel qu’il n’aurait pas dû être montré du tout, il a conclu que la répétition de cette vidéo tout au long du reportage était disproportionnée par rapport à sa pertinence pour présenter l’histoire. Le Conseil a noté qu’aucune nouvelle information n’était transmise par la répétition de la vidéo et qu’aucun nouveau point de vue n’était ajouté à l’histoire par l’utilisation répétée d’images perturbantes produites par la caméra cachée. En outre, l’effet cumulatif de la répétition excessive de la vidéo était de déformer l’histoire et d’en faire une histoire à sensations. En conséquence, le Conseil a conclu que la répétition de la vidéo violente constituait une infraction aux dispositions du Code concernant la violence et du Code de déontologie (journalistique) de l’Association des directeurs de l’information radio-télévision.

Enfin, le Conseil a également conclu qu’en n’avertissant pas les téléspectateurs des scènes violentes à l’avance, CITY-TV n’a pas respecté les normes de la radiotélévision concernant les mises en garde aux téléspectateurs. Le Conseil est d’avis que le sujet de l’abus à l’égard des enfants est une « question délicate » nécessitant la présentation de mises en garde aux téléspectateurs lorsque ce sujet est présenté aux heures de grande écoute.

Le CCNR est l’organisme d’auto-réglementation établi par les radiodiffuseurs privés pour répondre aux plaintes et administrer les normes de l’industrie en matière d’éthique, de pratiques journalistiques, de stéréotypes sexuels et de violence à la télévision. Près de 400 stations de radio et de télévision et services spécialisés de tout le Canada sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les liens avec les sites Web des membres et d’autres sites Web ainsi que de l’information connexe sont accessibles sur le World Wide Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, communiquez avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.