Davantage de mises en garde auraient dû accompagner un drame policier diffusé avant le début de la plage des heures tardives, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 14 mars 2002 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant la diffusion du film Police 10-07 à l’antenne du service spécialisé Showcase, entre 19 h 00 et 21 h 00 HNE. Le Comité national des services spécialisés du CCNR a statué que certaines des scènes comportant des éléments menaçants et d’autres démontrant les résultats d’actes de violence hors de l’écran n’étaient pas appropriées pour les enfants. Toutefois, il n’estimait pas que ces scènes soient suffisamment explicites pour qu’il soit obligatoire de passer le film après 21 h 00. Il a trouvé cependant que Showcase a manqué à l’obligation de diffuser, pendant la durée du film, des mises en garde avertissant l’auditoire du contenu à caractère violent.

Le film suit l’enquête effectuée par la police de Montréal sur le meurtre en série d’homosexuels par étranglement autoérotique. Plusieurs des scènes contenant ce qu’on pourrait qualifier de scènes de violence ne montraient que les résultats des actes criminels qui avaient eu lieu plus tôt. Quoi qu’il en soit, le Comité a conclu que le peu de scènes de violence s’inscrit dans le déroulement de l’intrigue et « ne constituait pas de la violence comme fin en soi ». Même si le contenu et les thèmes de Police 10-07 n’étaient pas convenables pour de jeunes enfants, le Comité a réitéré que pas tout ce qui est présenté au petit écran avant 21 h 00 doit être approprié pour tous les groupes d’âge.

Bien qu’une mise en garde à l’auditoire ait été diffusée au début des deux heures du film, il n’y en a pas eu d’autres jusqu’aux deux dernières pauses commerciales. Le Comité a décidé que cela enfreignait clairement les dispositions concernant les mises en garde à l’auditoire que renferme le Code d’application volontaire concernant la violence à la télévision de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) :

Les mises en garde à l’auditoire présentées verbalement, et ce seulement vers la fin de la deuxième heure du film, semblent presque avoir été faites après coup et sont clairement insuffisantes dans l’optique des conditions stipulées par le Code. L’insuffisance de ce geste est d’autant plus exacerbé par le fait que le film était presque terminé et que plusieurs des scènes les plus troublantes étaient passées bien avant la diffusion de ces mises en garde.

Le Comité a réitéré ce que le Conseil a maintes fois déclaré, notamment qu’il incombe aux télédiffuseurs de diffuser des mises en garde pour aider l’auditoire à faire des choix éclairés.

Le Comité a également exprimé sa préoccupation au sujet de la façon dont le télédiffuseur a réagi à la plainte. Même si la plaignante n’a pas cité le titre du film, elle a fourni une description suffisamment précise (entre 18 h 00 et 20 h 30) pour que le télédiffuseur n’ait aucune difficulté à établir de quel film il s’agissait. Le Conseil a conclu qu’en ne faisant aucun effort pour déterminer le film visé, Showcase n’avait pas respecté les critères d’adhésion au CCNR en ce qui concerne le besoin de se montrer sensible envers les préoccupations des téléspectateurs.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté des codes qui constituent les normes du secteur concernant l'emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l'homme, sur les ondes, et ils s'attendent que leurs collègues les respectent. Ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l'Association canadienne des directeurs de l'information radiotélévision (ACDIRT). Plus de 500 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

– 30 –

Toutes les décisions du CCNR et tous les codes qu'il administre sont affichés sur son site Web, à www.ccnr.ca, où l'on a aussi accès à ses rapports annuels, à d'autres documents et renseignements pertinents, aux sites de ses membres et à d'autres sites d'intérêt. Pour plus de renseignements, communiquer avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.