Des commentaires sur un groupe religieux sont jugés abusivement discriminatoires par le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 29 octobre 1999 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié aujourd’hui sa décision concernant des propos tenus par l’animateur d’une tribune téléphonique diffusée par CKNW-AM (Vancouver). L’animateur, Peter Warren, y a avoué que, dans le cadre d’une autre émission, diffusée un mois auparavant, il avait dit : [traduction] « Les Born-again sont les rebuts de la terre ». Bien qu’aucun auditeur ne se soit plaint de la remarque originale dans les délais prescrits et que, par conséquent, les bandes-témoin avaient été recyclées, un auditeur a dénoncé cet aveu de l’animateur, provoqué, dans cette seconde émission, par une interrogation impromptue de la part d’un participant à l’émission. L’auditeur a dénoncé ladite remarque comme étant une [traduction] « attaque calomnieuse » sur la chrétienté.

Le Conseil régional de la Colombie-Britannique a examiné la plainte à la lumière du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). Le Conseil fut majoritaire à trouver qu’en « accusant un groupe religieux identifié d’être “les rebuts de la terre”, le radiodiffuseur a énoncé des propos qui étaient abusivement discriminatoires, ce qui va à l’encontre de l’Article 2 du Code de déontologie de l’ACR ». Le Conseil a noté que :

[i]l est troublant [...] que le Conseil doive se prononcer sur un commentaire aussi sérieux non pas à partir de la remarque originale de l’animateur (laquelle aurait pu être mieux construite), mais bien suite à un aveu rapidement dispensé et résultant d’une question inattendue posée par un participant à l’émission. Le Conseil n’est pas insensible aux pressions inhérentes aux tribunes téléphoniques diffusées en direct ni au fait que M. Warren a pu être pris au dépourvu; or il ne peut pas pour autant ne pas se pencher sur des propos discriminatoires avoués. Aussi le Conseil note-t-il que l’animateur n’a pas mis fin à l’échange en question au moyen d’une simple reconnaissance des faits, soit l’affirmation : [traduction] « Oui, vous avez bien la bonne personne mais ce n’est pas le sujet du jour. » Il a renchéri (de façon quasi irrévérencieuse) en disant : [traduction] « J’ai en effet dit cela. Je l’ai dit en ondes et je l’ai dit plus d’une fois ». Le Conseil a été majoritaire à estimer que ce commentaire constituait non seulement une façon d’envoyer promener son interlocuteur, mais laissait entendre que l’animateur réaffirmait ainsi sa position.

Les radiodiffuseurs privés du Canada ont établi des normes pour l’industrie de la radiodiffusion sous forme d’un code de déontologie, d’un code portant sur les stéréotypes sexuels et d’un code portant sur la violence à la télévision et auxquels les membres doivent souscrire. Ils ont aussi créé le CCNR, qui est l’organisme d’autoréglementation ayant la responsabilité d’administrer ces codes, ainsi que le code des pratiques journalistiques de l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT), créé en 1970. Plus de 430 stations de radio et de télévision à travers le Canada sont membres du Conseil.

– 30 –

Toutes les décisions du CCNR, les codes, les hyperliens avec les sites Web des membres et d’autres sites ainsi que l’information connexe sont accessibles dans le Web au www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, communiquez avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.