Deux décisions sur l’émission The Howard Stern Show sont émises aujourd’hui

Ottawa, le 30 août 1999 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié aujourd’hui deux nouvelles décisions concernant la diffusion avec mises au point par CILQ-FM à Toronto de l’émission The Howard Stern Show. La première décision porte sur une plainte dénonçant l’utilisation, par Stern, des termes « attardé » et « arriéré » [“retard” et “retarded”] lors d’une dispute avec un membre de son équipe de production au sujet de la préparation — ou du manque de préparation — de l’émission du jour.

Le Conseil régional de l’Ontario a examiné la plainte à la lumière du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). Il n’a trouvé aucun manquement au Code. Bien que le Conseil précise que « ces termes sont des généralisations aux connotations négatives » et, en tant que telles, « ils peuvent enfreindre le Code de déontologie de l’ACR», il a trouvé, dans ce cas, que les propos de Stern

ciblaient un individu et n’attribuaient pas de caractéristiques stéréotypées négatives à un groupe minoritaire de façon à constituer une infraction à la disposition des droits de la personne enchâssée dans le Code. Par ailleurs, les références s’avèrent autonomes dans la mesure où aucune caractérisation supplémentaire au groupe identifié n’est comprise dans cet épisode de l’émission. Stern ne s’est pas moqué des personnes souffrant d’handicaps mentaux; il a plutôt attribué une capacité mentale réduite à un individu qui n’est pas arriéré. Ainsi, cet exemple contourne la nature abusivement discriminatoire des propos offensants qui contrevient au Code.

Toutefois, le Conseil a indiqué que « les commentaires de l’animateur se situaient à l’extrême limite de l’acceptable », tout en notant que :

Tel qu’affirmé dans ses décisions antérieures, le CCNR défend avec grand soin la liberté d’expression, même dans les dossiers où il y a accusation de propos discriminatoires. Cela dit, le Conseil souhaite souligner que sa conclusion n’appuie d’aucune façon ce genre de propos malseillant. Il s’agit tout simplement en l’espèce d’une question de goût dont, selon le Conseil, la sanction devient le choix de l’auditeur de ne pas écouter l’émission. Aussi le Conseil n’intervient-il pas dans ce genre de cas.

Dans la seconde décision aujourd’hui rendue publique, le Conseil régional de l’Ontario a trouvé que les propos généralisants et réitérés à l’effet que « les Polonais détestent les Juifs » contrevenaient à la disposition relative aux droits de la personne enchâssée dans le Code de déontologie de l’ACR. Il a affirmé :

De l’avis du Conseil, cette accusation qu’un peuple entier déteste un autre groupe national jete l’opprobre sur les « détesteurs » et non sur les « détestés ». En ce sens, les propos de Stern s’avèrent abusivement discriminatoires à l’endroit de personnes de nationalité polonaise et contreviennent à l’Article 2 du Code de déontologie de l’ACR.

Les radiodiffuseurs privés du Canada ont établi des normes pour l’industrie de la radiodiffusion sous forme d’un code de déontologie, d’un code portant sur les stéréotypes sexuels et d’un code portant sur la violence à la télévision auxquels les membres de la profession doivent souscrire. En 1990, ils ont aussi créé le CCNR, qui est l’organisme d’autoréglementation ayant la responsabilité d’administrer ces codes, ainsi que le code des pratiques journalistiques créé par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision du Canada (ACDIRT), en 1970. Plus de 430 stations de radio et de télévision à travers le Canada sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les hyperliens avec les sites Web des membres et d’autres sites ainsi que l’information connexe sont accessibles dans le Web au www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, communiquez avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.