La diffusion à 19 h du long-métrage Rats avec mises en garde à l’auditoire insuffisantes et classification inappropriée s’avère une infraction au Code d’application volontaire concernant la violence à la télévision

Ottawa, le 31 août 2001 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié sa décision aujourd'hui concernant la diffusion par Showcase Television du long-métrage canadien Rats, dont l’intrigue suit la descente d’un documentariste dans sa fascination obsessionnelle pour ces rongeurs. Une téléspectatrice s’est plainte que lorsqu’elle a syntonisé Showcase, une scène sexuelle explicite entre un homme et une femme était montrée; elle a trouvé que cette scène n’était pas de mise pour diffusion en début de soirée. Le Comité national qui se penche sur les questions relatives aux services spécialisés a examiné le long-métrage à la lumière du Code d’application volontaire concernant la violence à la télévision de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR).

Le Comité a d’abord tenté de déterminer si deux des scènes érotiques de Rats pouvaient être décrites comme étant « destinées à des téléspectateurs adultes », critère qui exige le recours à la provision portant sur la plage des heures tardives de la soirée, laquelle se trouve dans le Code d’application volontaire concernant la violence à la télévision. En vertu de décisions antérieures prises par le CCNR et du fait que dans le cas à l’étude, la représentation d’activités d’ordre sexuel ne comprenait pas de nudité, le Comité a conclu que :

C’est l’activité sexuelle et non la nudité qui détermine si une scène est jugée « adulte » ou non. Il est évident qu’une scène peut être sexuellement explicite sans nudité et que celle-ci devrait pouvoir être accessible aux adultes, et non aux plus jeunes membres de la famille. Le Comité considère que la seconde scène érotique dans Rats, qui est d’une longueur d’une minute, vingt-cinq secondes, s’insère dans cette catégorie. Il ne s’agit pas simplement d’une rencontre romantique ou suggestive, mais bien d’une scène érotique, explicite, prolongée, qui atteint un point culminant. Sa diffusion à 19 h n’est donc pas de mise.

Le Comité a conclu qu’en diffusant un long-métrage qui comportait des scènes sexuelles explicites en début de soirée plutôt que d’attendre la plage des heures tardives qui débute à 21 h, Showcase avait contrevenu aux dispositions du Code d’application volontaire concernant la violence à la télévision qui gèrent les horaires des émissions.

En ce qui a trait aux mises en garde à l’auditoire, le Comité a conclu que Showcase n’avait pas respecté l’article 5 du Code d’application volontaire concernant la violence à la télévision : « d’abord, en montrant un avis détaillé qui ne correspondait pas au long-métrage en question [il mettait en garde contre la nudité alors qu’il n’y en avait pas, et ne mettait pas en garde contre la sexualité]; ensuite, en omettant de fournir des renseignements utiles dans les mises en garde subséquentes après chaque pause commerciale ». Le Comité a noté que les mises en garde à l’auditoire sont une composante essentielle à la panoplie d’outils qu’ont les télédiffuseurs pour aider leurs téléspectateurs à prendre des décisions éclairées quant aux émissions qu’ils veulent écouter ou qu’ils jugent appropriées pour leur famille. Par conséquent, la présentation des mises en garde à l’auditoire après chaque pause commerciale en format audio seulement et sans référence au contenu réel s’est avérée « insuffisante pour correspondre à l’entière responsabilité du télédiffuseur qui doit fournir un avertissement suffisant à ses téléspectateurs potentiels ».

Enfin, le Comité a trouvé que la cote G était inadéquate pour le film en question. Selon le Comité, la cote 14+, qui stipule qu’une émission donnée « peut inclure des scènes de nudité ou une activité sexuelle dans le contexte d’une narration », était davantage appropriée. En outre, l’omission d’afficher l’icone de classification au début de la seconde heure du film s’avère une infraction à l’article 4 du Code d’application volontaire concernant la violence à la télévision.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté des codes qui constituent les normes du secteur concernant l'emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l'homme, sur les ondes, et ils s'attendent que leurs collègues les respectent. Ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 460 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR et tous les codes qu'il administre sont affichés sur son site Web, à www.ccnr.ca, où l'on a aussi accès à ses rapports annuels, à d'autres documents et renseignements pertinents, aux sites de ses membres et à d'autres sites d'intérêt. Pour plus de renseignements, communiquer avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.