La diffusion d’une interview avec une adolescente, voisine d’une maison où a eu lieu un double meurtre, n’enfreint pas les codes, selon le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 12 février 1999 - Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié aujourd’hui sa décision concernant le reportage d’un double meurtre perpétré à Vernon, en Colombie-Britannique, diffusé dans le cadre du bulletin de nouvelles de fin de journée de CHBC-TV (Kelowna). Le reportage contenait une interview faite avec une voisine âgée de 16 ans, ce qui a suscité une plainte des parents de la jeune femme. Les plaignants ont affirmé que l’interview n’aurait pas dû être diffusée puisque, d’un côté, les parents n’y avaient pas consenti et que, de l’autre, leur fille avait apparemment demandé au journaliste [traduction] « de ne pas montrer [l’interview] à la télé ». Les plaignants ont par ailleurs remis en question le fait même d’avoir effectué ce reportage.

Le Conseil régional de la Colombie-Britannique a examiné la plainte à la lumière des Codes de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) et de l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Le Conseil a trouvé qu’il n’y avait aucune violation desdits codes. Tout en reconnaissant « que le télédiffuseur avait intérêt à se rendre à l’endroit du crime et à tenter de fournir à ses téléspectateurs autant d’information que possible provenant de personnes qui auraient pu détenir des renseignements sur le crime, sur les victimes ou sur les meurtriers », le Conseil n’a pas estimé que le télédiffuseur avait mal agi dans sa façon d’obtenir et de diffuser l’interview en question.

Le Conseil considère que la jeune fille était en position d’accorder ou de refuser son consentement. Elle savait qu’elle se faisait filmer. Elle est en tout temps demeurée à l’intérieur de la porte de sa maison alors que l’intervieweur est demeuré à l’extérieur. Elle aurait pu mettre fin à l’interview à tout moment en fermant la porte. Rien n’indique, dans la bande vidéo qui a été reprise dans le reportage, qu’il y avait eu coercion. Le Conseil concède d’emblée qu’elle manquait probablement d’expérience ; aussi le Conseil est-il d’avis qu’à ce niveau, elle ne diffère en rien de la plupart des figures non-publiques de tous âges qui sont interviewées par la presse. Bien que certaines des questions posées étaient tendancieuses, il s’agit là d’une tout autre problématique qui ne relève pas de l’âge de la personne interviewée. Par conséquent, selon le Conseil, l’interviewée n’a été compromise d’aucune façon.

Le Conseil régional de la Colombie-Britannique a également trouvé que « le montage du reportage par le télédiffuseur n’était pas fautif ». Le Conseil a affirmé que « le montage a bien pu déranger la plaignante étant donné la présence des commentaires de sa fille, mais cela en soi ne permet pas de conclure qu’il y a eu violation des codes ».

Les radiodiffuseurs privés du Canada ont établi des normes pour l’industrie de radiodiffusion sous forme d’un code de déontologie, d’un code portant sur les stéréotypes sexuels et d’un code portant sur la violence à la télévision. Ils ont aussi créé le CCNR, qui est l’organisme d’auto-réglementation ayant la responsabilité d’administrer ces codes, ainsi que le code des pratiques journalistiques de l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 430 stations de radio et de télévision de l’ensemble du Canada sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens avec les sites Web des membres et d’autres sites ainsi que les informations connexes sont accessibles sur le Web au www.cbsc.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, communiquez avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.