La diffusion d’une publicité pour un bar local de danse érotique ne contrevient pas au Code, selon le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 31 mars 1999 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié aujourd’hui sa décision concernant une publicité pour un bar local de danse érotique, diffusée aux ondes de CJYC-FM (St-Jean, N.-B.). Un téléspectateur a déposé une plainte en affirmant que la publicité [traduction] « promeut la dégradation des femmes en objectivant leur corps » et qu’il [traduction] « remet particulièrement en question l’heure de diffusion » de la publicité.

Le Conseil régional de l’Atlantique a examiné cette plainte à la lumière des dispositions sur la publicité contenues dans le Code de déontologie de l'Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). Selon le Conseil, les préoccupations du plaignant portaient sur l’existence même des bars érotiques plutôt que sur le contenu de la publicité. Le Conseil a considéré uniquement les termes employés dans la publicité, et a affirmé « que celle-ci n’enfreint pas les dispositions relatives au contenu des publicités du Code. Le texte de la publicité était clair et n’allait pas au delà de la simple présentation des renseignements de base [de l’entreprise] ».

Au sujet de l’heure de diffusion, le Conseil a d’abord noté que la radiodiffusion n’est pas assujettie à des règles aussi strictes que celles qui sont imposées aux télédiffuseurs. Cela dit, le Conseil a indiqué que dans leur décision portant sur The Howard Stern Show, les Conseils régionaux de l’Ontario et du Québec avaient conclu que « le langage inapproprié et la description détaillée de situations sexuelles » contenus dans le Stern Show « n’étaient vraiment pas appropriés à une heure où des enfants pouvaient écouter la radio ». Le Conseil n’a pas considéré, toutefois, qu’une décision semblable était requise dans ce cas.

D’abord, le Stern Show a la case-horaire de l’émission du matin, soit les heures où les enfants sont le plus susceptibles d’écouter la radio. Étant donné que les enfants sont également susceptibles, quoique peut-être un peu moins, d’écouter la radio à l’heure du dîner, la décision dans ce dossier ne changera pas. Le deuxième argument s’avère celui qui est déterminant : nommément, le fait que le contenu du Stern Show était considérablement plus choquant que la publicité Chez Cherie décrite plus haut. En bout de piste, il n’existait rien dans la publicité qui était problématique. Les références étaient obliques; au pis aller, l’expression « moan and groan » [soupirer et gémir] ne peut nullement être mise sur le même pied d’égalité que les discussions sexuelles explicites du Howard Stern Show. La problématique de l’objectivation des femmes qui sont au service du club, si elle existe, n’a rien à voir avec la diffusion par CJYC-FM de cette publicité, mais plutôt avec la nature du commerce de l’entreprise en question. Dans les décisions Stern, l’objectivation des femmes avait lieu dans les descriptions mêmes de l’animateur.

Les radiodiffuseurs privés du Canada ont établi des normes pour l’industrie de radiodiffusion sous forme d’un code de déontologie, un code portant sur les stéréotypes sexuels et un code portant sur la violence à la télévision. Ils ont aussi créé le CCNR, qui est l’organisme d’auto réglementation ayant la responsabilité d’administrer ces codes, ainsi que le code des pratiques journalistiques de l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 430 stations de radio et de télévision de l’ensemble du Canada sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens avec les sites Web des membres et d’autres sites ainsi que l’information connexe sont accessibles sur le Web au www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, communiquez avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.