La glorification de la violence par l’émission Jerry Springer viole le Code concernant la violence à la télévision, selon le CCNR

Ottawa, 5 octobre 1999 — Les Conseils régionaux de l’Atlantique et du Québec du CCNR (Conseil canadien des normes de la radiotélévision) ont publié aujourd’hui leur décision commune concernant le Jerry Springer Show dans les marchés de la Nouvelle-Écosse et du Québec, où l’émission quotidienne était diffusée à 14 h et à 17 h respectivement. Les plaintes reçues dénonçaient plusieurs aspects du contenu de l’émission, dont le fait qu’il [traduction] « transmet le mauvais message à nos enfants et dépeint des traits de caractère violents qui sont retenus par les jeunes ». Un autre plaignant posait la question suivante : [traduction] « Quel genre de valeurs inculquons-nous à nos enfants ? [...] la résolution des problèmes par le poing ? »

Bien que les Conseils régionaux n’aient pas trouvé que les sujets abordés dans l’émission Springer contrevenaient aux codes des radiotélédiffuseurs privés, ils ont souligné que :

En effet, si les Conseils sont troublés par le sujet, c’est surtout en raison du fait que la diffusion de comportements aussi aberrants, comportements qui caractérisent généralement l'émission, a pour effet de désensibiliser les auditeurs (de tout âge) au manquement à un comportement social normal.

Les Conseils ont regretté que « cette émission, qui ne convient manifestement pas aux enfants et qui, de ce fait, enfreint ce principe du Code concernant la violence à la télévision, soit diffusée à une heure où on pouvait s’attendre à ce que des enfants la regardent ». Or le véritable problème, selon les Conseils, était davantage :

le traitement réservé à la violence par l’émission Springer. Dans chacun des épisodes visionnés dans le cadre de cette décision, il est parfaitement évident que la réaction violente des invités est anticipée par l'animateur, approuvée, encouragée et même promue par l'animateur et son auditoire. S'il en était autrement, les videurs préviendraient les incidents. Or ils ne préviennent rien et on ne les encourage pas non plus à le faire. Le dialogue entre l'animateur et les invités est destiné à monter les praticiens d'arts sociaux étranges jusqu'à ce qu’ils aient atteint leur point limite afin qu’ils se prennent par la gorge ou par d'autres parties du corps plus accessibles.

Les Conseils ont passé en revue les dispositions pertinentes du Code concernant la violence à la télévision de l’ACR et ont rappelé qu’en 1993, lorsque les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont annoncé la mise en place de ce Code concernant la violence, ils s’engageaient du coup à :

moins mettre l’accent sur la violence, afin d’assurer qu’elle ne soit pas une composante accessoire de la programmation télévisuelle privée canadienne, mais également pour ne pas la mettre en valeur et ne pas en faire la promotion. La violence, lorsqu’elle est nécessaire, mais pas nécessairement de violence. Puisque le même principe n’a pas été accepté par l’ensemble des radiotélédiffuseurs américains, les radiotélédiffuseurs canadiens doivent être particulièrement vigilants lorsqu’il s’agit d’émissions importées (c’est d’ailleurs la source principale de ce genre de problèmes).

Les Conseils ont donc conclu que les épisodes du Jerry Springer Show « endossaient, encourageaient ou glorifiaient la violence » et que CIHF-TV et CKMI-TV avaient enfreint le Code concernant la violence à la télévision de l’ACR en les diffusant.

Les radiodiffuseurs privés du Canada ont établi des normes pour l’industrie de la radiodiffusion sous forme d’un code de déontologie, d’un code portant sur les stéréotypes sexuels et d’un code portant sur la violence à la télévision et auxquels les membres doivent souscrire. Ils ont aussi créé le CCNR, qui est l’organisme d’autoréglementation ayant la responsabilité d’administrer ces codes, ainsi que le code des pratiques journalistiques de l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT), créé en 1970. Plus de 430 stations de radio et de télévision à travers le Canada sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les hyperliens avec les sites Web des membres et d’autres sites ainsi que l’information connexe sont accessibles dans le Web au www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, communiquez avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.