La simulation d’une crucifixion n’est pas abusivement discriminatoire, selon le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 7 juillet 1999 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié aujourd’hui sa décision sur l’acte d’attacher, au moyen de ruban adhésif, une personnalité radiophonique de l’émission du matin de CFNY-FM (Toronto), Humble & Fred, à « A. Cross » [une croix], de même que la promotion de cet acte. Ce coup monté, qui a eu lieu le jour précédant un Vendredi Saint et qui a été vanté comme étant [traduction] « la re-création la plus authentique des événements de la semaine sainte », a suscité une controverse immédiate. Un plaignant a affirmé que cette simulation d’une crucifixion était [traduction] « extrêmement offensante » et qu’elle constituait [traduction] « une diffamation de la foi chrétienne ».

Le Conseil régional de l’Ontario a examiné la plainte à la lumière de l’article sur les droits de la personne que contient le Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). Il n’a trouvé aucune violation au code. Bien que le Conseil ait noté que la religion sur laquelle il a le plus souvent été appelé à se pencher dans des décisions antérieures était chrétienne, qu’elle soit protestante ou catholique, il a observé que « la religion la mieux connue de la population [...] est la plus susceptible d’être parodiée publiquement » et il a poursuivi en concluant que « les principes établis dans les diverses décisions du CCNR sur ce sujet étaient valables pour tout groupe religieux ».

Ce qui compte, en bout de ligne, c’est l’opposition entre la liberté de parole et le droit des auditoires de la radiotélévision d’être à l’abri des propos qui seraient abusivement discriminatoires au niveau de la religion comme de tout autre domaine protégé dans l’Article 2 du Code de déontologie de l’ACR. La religion, après tout, n’est pas à l’abri de la farce, du sarcasme ou de la parodie. La question est de savoir si la flèche s’est empoisonnée et, en d’autres termes, si le mécanisme humoristique a franchi la frontière du comique pour se trouver en territoire amer et méchant de propos abusivement discriminatoires.

Le Conseil a conclu que dans le cas en question, CFNY-FM n’avait pas franchi cette frontière.

En appliquant ces principes au cas présent, le Conseil croit que le concept dans son ensemble était irrévérencieux, voire même de mauvais goût. Or s’il s’agit d’une question de goût, le CCNR s’abstient de se prononcer dans la mesure où ce genre de question est d’ordinaire laissé à la discrétion de l’individu, qui peut choisir d’écouter ou non une émission donnée. Le Conseil ne se penche sur un dossier que lorsque les problématiques soulevées dépassent les seules questions de goût. Le principe de liberté d’expression souffrirait trop d’une attitude trop zélée de la part du CCNR sur de telles questions. S’il s’agit d’irrévérence, on ne peut vraisemblablement l’interpréter comme étant autre chose qu’une façon d’exploiter l’humour pour attirer l’attention.

Les radiodiffuseurs privés du Canada ont établi des normes pour l’industrie de radiodiffusion sous forme d’un code de déontologie, un code portant sur les stéréotypes sexuels et un code portant sur la violence à la télévision. Ils ont aussi créé le CCNR, qui est l’organisme d’autoréglementation ayant la responsabilité d’administrer ces codes, ainsi que le code des pratiques journalistiques de l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 430 stations de radio et de télévision de l’ensemble du Canada sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens avec les sites Web des membres et d’autres sites ainsi que l’information connexe sont accessibles sur le Web au www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, communiquez avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.