L’absence de mises en garde aux téléspectateurs pendant la diffusion de la présentation inaugurale de l’émission The Dark Angel s’avère une infraction à nos codes

Ottawa, le 31 août 2001 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié sa décision aujourd'hui concernant la diffusion par CFCF-TV (Montréal) de l'épisode inaugural de l'émission The Dark Angel. Cette série télévisée, portant sur une jeune femme issue d'une nouvelle race de « super-humains » créée génétiquement, devait à l'origine être diffusée de 20 h à 22 h; or, la station a décidé de montrer ce premier épisode dès 19 h en raison de l'ajout de dernière minute de l'émission d'adieu à Pierre Trudeau [Pierre Elliott Trudeau Farewell Show], laquelle a été présentée de 21 h à 23 h. Un téléspectateur s'est plaint que le langage employé dans l'émission The Dark Angel « ne paraissait pas du tout de mise à cette heure de la journée, et peut-être à toute heure de télédiffusion publique » [traduction]. Le Comité régional du Québec a étudié les commentaires à la lumière du Code d'application volontaire concernant la violence à la télévision de l'Association canadienne des radiodiffuseurs, précisément en vertu de l'article 3, qui porte sur les horaires de diffusion, et l'article 5, qui porte sur les mises en garde à l'auditoire.

Dans un premier temps, le Comité a tenté de déterminer si le langage employé dans l'émission The Dark Angel pouvait être décrit comme étant « destiné à des téléspectateurs adultes », critère qui exige le recours à la provision du Code d'application volontaire concernant la violence à la télévision qui porte sur la plage des heures tardives de la soirée. Le Comité a conclu que :

Bien que le langage que l'on retrouve dans The Dark Angel n'est pas tout à fait de mise et ne doit pas être sanctionné, il est ni profane ni obscène. Les expressions « damn ass », « kick ass » ou « bitch » sont employées au cours de l'émission de sorte à mettre en valeur les qualités des personnes auxquelles elles sont adressées. Le terme « bitch » a peut-être des connotations négatives à une occasion seulement, soit lorsqu'un personnage détestable insulte l'héroïne de l'émission; il s'agit donc d'un geste qui n'a pas une incidence négative importante. Quoi qu'il en soit, le Comité régional du Québec n'estime pas que ce langage était uniquement destiné à des téléspectateurs adultes. Par conséquent, le télédiffuseur est en droit de diffuser l'émission dans un blochoraire de début de soirée.

Bien que le Comité a conclu que The Dark Angel ne contenait pas un langage qui convient uniquement à des émissions « destinées à des téléspectateurs adultes », il a conclu qu'il contenait des scènes qui ne conviennent pas aux enfants. Si ce genre de matériel peut être diffusé en début de soirée, il doit être accompagné de mises en garde à l'auditoire.

Il va sans dire que les mises en garde à l'auditoire accompagnent uniquement les émissions qui, en vertu des Codes de radiodiffusion, peuvent être diffusés. L'objectif de ces mises en garde est d'avertir l'auditoire du contenu de l'émission qui, bien qu'acceptable, pourrait offenser certains téléspectateurs.

Le comité a trouvé qu'en raison de « l'absence de toute mise en garde à l'auditoire pendant la diffusion de The Dark Angel en début de soirée, CFCF-12 avait contrevenu à l'alinéa 5.2 du Code d'application volontaire concernant la violence à la télévision, alinéa qui traite de l'emploi des mises en garde à l'auditoire ».

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté des codes qui constituent les normes du secteur concernant l'emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l'homme, sur les ondes, et ils s'attendent que leurs collègues les respectent. Ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 460 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR et tous les codes qu'il administre sont affichés sur son site Web, à www.ccnr.ca, où l'on a aussi accès à ses rapports annuels, à d'autres documents et renseignements pertinents, aux sites de ses membres et à d'autres sites d'intérêt. Pour plus de renseignements, communiquer avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.