Le commentaire politique d’un groupe religieux n’est pas à l’abri de la critique, affirme le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 17 décembre 1998 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié aujourd’hui sa décision concernant le commentaire d’un collaborateur régulier, Brian Henderson, qui a été diffusé aux ondes de CJBK-AM (London) après les informations du midi. Le commentaire de Henderson portait sur, et critiquait, la décision des Baptistes du Sud de boycotter la compagnie Disney parce que celle-ci appuie les droits des gais et lesbiennes. Une auditrice s’est plainte du fait que le commentaire n’était constitué que de « sorties empoisonnées » [« poisonous rantings »], en affirmant qu’elle trouvait « très troublant qu’un bigot aussi en colère, mal informé et rempli de haine que lui accède aussi facilement aux ondes publiques ».

Le Conseil régional de l’Ontario a examiné cette plainte à la lumière du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). Le Conseil n’a trouvé aucune violation du Code. Notant que la plaignante avait mal cité des extraits clés du commentaire, le Conseil a conclu que le langage utilisé dans la diffusion n’enfreignait pas l’article des « droits de la personne » du Code de déontologie de l’ACR.

De l’avis du Conseil, le commentaire porte sur une question d’ordre sociopolitique (c.-à.-d. la place qu’occupe la religion dans les affaires et dans la politique) et ne commente pas, de façon abusive ou autre, la droite religieuse considérée en tant que groupe religieux.

La décision du Conseil était sans équivoque quant au droit de Brian Henderson de commenter le choix des Baptistes du Sud de boycotter Disney.

Dans la formulation de cette conclusion, le Conseil régional ne trouve pas erreur avec la position des Baptistes du Sud sur cette question ; leur position politique les regarde et le fait de la publiciser est leur droit. Il est juste de dire que ce faisant, ils se lancent dans l’arène publique et s’exposent, dans l’acceptation démocratique la plus pure qui soit, à la critique, même exagérée, de ceux qui ne partagent pas leur perspective politique et économique.

Les radiodiffuseurs privés du Canada ont établi des normes pour l’industrie de radiodiffusion sous forme d’un code de déontologie, un code portant sur les stéréotypes sexuels et un code portant sur la violence à la télévision. Ils ont aussi créé le CCNR, qui est l’organisme d’auto-réglementation ayant la responsabilité d’administrer ces codes, ainsi que le code des pratiques journalistiques de l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 430 stations de radio et de télévision de l’ensemble du Canada sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens avec les sites Web des membres et d’autres sites ainsi que l’information connexe sont accessibles sur le Web au www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, communiquez avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.