Le Conseil des normes de la radiotélévision critique les commentaires de Stern

Ottawa, le 29 août 2001 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié sa décision aujourd’hui concernant deux épisodes du Howard Stern Show à l’antenne de CILQ-FM de Toronto. Le CCNR a donné suite à deux plaintes – une formulée par un particulier au sujet d’un épisode et l’autre par Évaluation-médias énumérant des exemples de programmation offensive après avoir suivi l’émission pendant un mois. Les plaignants ont exprimé leurs préoccupations au sujet de commentaires sexistes et racistes, entre autres, les opinions exprimées par M. Stern au sujet de l’immigration, un segment sur ce qu’une Playboy Playmate serait prête à faire pour passer à l’émission, et « l’agression verbale » dont M. Stern a fait preuve envers une interlocutrice. Le comité régional de l’Ontario a étudié les commentaires à la lumière de deux codes de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR), soit le Code de déontologie et le Code concernant les stéréotypes sexuels à la radio et à la télévision.

Le comité a trouvé que les propos de M. Stern sur l’immigration ne constituaient pas des commentaires indûment discriminatoires parce qu’il s’agissait simplement de l’opinion politique de M. Stern. Contrairement à la prétention du plaignant, le comité a décidé que les commentaires de M. Stern « ne suggèrent aucunement qu’on devrait révoquer la citoyenneté des citoyens américains ou d’autres groupes nationaux ou ethniques et les renvoyer à leurs pays respectifs d’origine. Il ne veut pas de nouveaux immigrants, et c’est là un point de vue défendable sur le plan de la liberté d’expression. »

Pour ce qui est des allégations de commentaires sexistes et abaissants, le comité a déclaré que les « suggestions » faites par M. Stern au gérant d’une Playmate extrêmement désireuse de passer à l’émission, étaient allées trop loin. Le comité a conclu que « l’effet cumulatif des suggestions voulant que la Playmate sentent des sous-vêtements, soit roulée toute nue dans un tapis et obligée de prendre l’ascenseur, se mette nue pour manger de la nourriture de chien d’un bol pour chien et pour s’asseoir sur les genoux de M. Stern pour manger une carotte, est abaissant et dégradant à l’extrême. » De l’avis du comité, ces commentaires contreviennent à la clause 4 du Code concernant les stéréotypes sexuels à la radio et à la télévision et il « n’est pas question qu’on réussisse à s’en tirer sur les ondes canadiennes. »

De plus, la façon dont M. Stern a traité une interlocutrice, qui a appelé pendant l’émission pour exprimer son sentiment de désapprobation au sujet du dialogue concernant la Playmate, est également allée trop loin, de l’avis du comité. M. Stern a réagi en faisant plusieurs réflexions. Il a, entre autres, suggéré que l’interlocutrice « mange un taco placé dans mon entrejambe », qualifié l’interlocutrice de « grosse vache » et de « grosse fille laide qui ne peut rien avoir », suggéré qu’elle a une moustache, accusé la plaignante de vivre dans un appartement envahi de coquerelles, et ainsi de suite. Le comité a conclu que « les commentaires de l’animateur sont et racistes, et sexistes. Il ne s’agit pas de commentaires qui frôlent la limite. Ils sont extrêmes. Ils n’ont aucune place sur les ondes dans ce pays. »

En dernier lieu, le comité a abordé la question des violations répétées. Le comité a convenu que « les commentaires déplacés sont inacceptables. Le processus de contrôle est un processus qui s’applique en tout temps, non de temps à autre. Il n’est pas conçu pour permettre l’infraction épisodique des codes. » Le comité a toutefois fait remarquer qu’il y a « une quantité considérable de contenu venant du studio de New York, lieu d’origine de l’émission » et que le CCNR reçoit quotidiennement le registre de contrôle indiquant le genre et la quantité de dialogue coupés par CILQFM chaque jour. Le comité a aussi tenu compte du fait qu’une nouvelle entreprise propriétaire se chargeait de la direction de ce service de radiodiffusion, depuis seulement deux jours ouvrables avant les dates des émissions donnant lieu aux plaintes. Même si le comité a signalé qu’à son avis la diminution du nombre de plaintes reçues depuis le transfert de propriété est un « signe prometteur », il a exigé que le radiodiffuseur fournisse une explication écrite des mesures supplémentairesqu’il compte prendre pour faire en sorte que d’autres « lacunes » comme celles qui se sont produites le 12 juillet ne se répètent pas.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté des codes qui constituent les normes du secteur concernant l’emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l’homme, sur les ondes, et ils s’attendent que leurs collègues les respectent. Ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 460 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toute les décisions du CCNR et tous les codes qu’il administre sont affichés sur son site Web, à www.ccnr.ca, où l’on a aussi accès à ses rapports annuels, à d’autres documents et renseignements pertinents, aux sites de ses membres et à d’autres sites d’intérêt. Pour plus de renseignements, communiquer avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.