Le Conseil des normes de la radiotélévision déclare qu’un promo « sexy » ne dénigre ni les femmes, ni les hommes

Ottawa, le 16 août 2000 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié sa décision aujourd’hui concernant un message promotionnel, diffusé à 19 h 15 à l’antenne de CITYTV de Toronto, pour publiciser l’émission SexTV, qui passe tard en soirée sur ses ondes. L’autopublicité commence par le message suivant : « L’homme moyen pense au sexe chaque huit secondes », suivi d’une scène où la caméra effectue une lente rotation du corps nu d’une femme couchée sur le côté et faisant face à la caméra, ses bras et ses jambes cachant discrètement ses seins et son sexe. Le message promotionnel se termine avec le message : « Mais, qui s’en préoccupe vraiment? » Un téléspectateur s’est plaint que le message est « moralement répréhensible, dénigre les femmes et nuit aux enfants qui peuvent le voir et se demander combien souvent leur père, leur oncle ou leur grand-père pense au sexe. »

Le Conseil régional de l’Ontario a rendu sa décision à la lumière du Code concernant les stéréotypes sexuels à la radio et à la télévision et des dispositions du Code d’application volontaire concernant la violence à la télévision gouvernant la mise à l’horaire. Ayant décidé qu’il n’y avait pas de violation de ces deux codes, le Conseil a statué que le message promotionnel faisant l’objet de la plainte ne dénigre ni les femmes, ni les hommes et qu’il était acceptable de le diffuser avant l’heure limite de 21 h 00.

Pour ce qui est de la présentation de la femme nue, le Conseil a déclaré que « même si ce message perpétue, dans une certaine mesure, le stéréotype de la femme comme objet sexuel, plusieurs éléments de cette présentation, comme le regard fort avec lequel elle fixe la caméra (et par conséquent le téléspectateur), font beaucoup pour atténuer l’image de la femme comme objet servant uniquement pour satisfaire les désirs sexuels des hommes. » En ce qui concerne le commentaire négatif ou dénigrant à l’endroit des hommes, le Conseil est d’avis que rien n’indique que le message promotionnel présente les hommes comme étant des « obsédés unidimensionnels du sexe ». Il a déclaré :

Dans l’ensemble, [...] il serait déraisonnable de conclure que ce message promotionnel laisse entendre que les hommes n’ont rien d’autre dans la tête que leur vie sexuelle. Qui plus est, le message est livré, de toute évidence, la langue au coin des lèvres. Il tente de piquer l’intérêt du téléspectateur pour l’inciter à explorer la sexualité masculine et d’autres « mystères » du monde du sexe.

En ce qui a trait à la question de la mise à l’horaire, le Conseil note que CITYTV a admis qu’en raison d’une erreur dans le catalogage des deux messages promotionnels visant l’émission, le message visé était passé à l’écran à 19 h 15. Il n’a toutefois pas trouvé que CITYTV avait par conséquent enfreint les dispositions du Code d’application volontaire concernant la violence à la télévision gouvernant la mise à l’horaire. Le Conseil a déclaré que tant que le contenu du message ne « vise pas un auditoire adulte à l’exclusion d’un auditoire nonadulte, il est effectivement possible de faire la promotion, avant l’heure limite, d’une émission qui ne peut ellemême être diffusée qu’après l’heure limite [...] dans le fuseau horaire d’origine. » Dans ce casci, le Conseil a conclu que même s’il « serait plus convenable de ne pas diffuser ce genre de message promotionnel durant les heures où les enfants peuvent être à l’écoute », la diffusion dudit message avant l’heure limite ne constitue pas une infraction du Code.

Les radiodiffuseurs privés du Canada ont établi des normes pour l’industrie de la radiodiffusion, sous forme d’un code de déontologie, d’un code portant sur les stéréotypes sexuels et d’un code portant sur la violence à la télévision auxquels les membres doivent souscrire. En 1990, ils ont aussi créé le CCNR, qui est l’organisme d’autoréglementation ayant la responsabilité d’administrer ces codes, ainsi que le code des pratiques journalistiques de l’Association canadienne des directeurs de l’information en radio-télévision (ACDIRT) établi en 1970. Plus de 430 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, de même que les codes, les liens avec les sites Web des membres et d'autres sites et l'information connexe sont accessibles par le Web, au www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, communiquez avec le Président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.