Le Conseil des normes de la radiotélévision déclare qu’une version non modifiée d’une chanson n’enfreint pas les codes

Ottawa, le 7 mars 2001 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a rendu sa décision aujourd’hui concernant la diffusion, à l’antenne de CKMM-FM de Winnipeg, d’une version non modifiée de la chanson « The Bad Touch », exécutée par le groupe Bloodhound Gang. La chanson, qui a été diffusée les 21 et 30 avril 2000 vers 15 h 00 et aussi le 26 avril vers 21 h 00, a suscité une plainte de la part d’un auditeur qui posait la question suivante : « Si le contenu est trop adulte pour les jeunes ayant moins de 18 ans, pourquoi la chanson passe-t-elle à des moments où ils peuvent l’entendre? »

Même si le Comité régional de l’Ontario venait de décider que la diffusion de la chanson « The Bad Touch » ne violait pas les codes, la plainte dans ce cas-là, comportait deux différences substantielles. Premièrement, CIGL-FM de Belleville avait diffusé la version modifiée de la chanson, et deuxièmement, le Comité de l’Ontario n’a pas pu savoir l’heure à laquelle elle avait été diffusée.

Ayant écouté la version non modifiée de la chanson, le Comité régional des Prairies a convenu que « la chanson ne convient pas aux jeunes enfants », mais n’a pas pu trouver que les paroles enfreignent une disposition quelconque des codes. De l’avis du Comité :

Nous estimons important de souligner le fait qu’il existe un éventail de contenu qui varie entre l’acceptable et l’inacceptable en vertu des codes, et aussi qu’il existe, au centre de cet éventail, du contenu peutêtre dégoûtant ou inapproprié qui doit toutefois être considéré comme étant suffisamment proche de la limite pour ne pas enfreindre les dispositions des codes. En ce qui concerne cette catégorie du milieu, on doit laisser toute latitude au principe de la liberté d’expression, et on doit également veiller à l’exercice de l’autorité des parents ou d’une autorité semblable plutôt que d’avoir recours à une infraction des codes. C’est dire que si le Comité juge que le problème n’est pas flagrant au point de rendre une décision négative, le contenu doit pouvoir continuer de passer sur les ondes.

Le Comité s’est toutefois empressé d’ajouter qu’il incombe aux stations de radio de demeurer sensibles aux préoccupations de leur auditoire lorsqu’elles ont l’option de passer une version modifiée d’une chanson.

Dans la présente affaire, le Comité des Prairies en vient à la conclusion que le contenu ne passe pas de l’inapproprié à l’inacceptable. Les paroles sont suggestives mais ne sont pas explicites. De l’avis du Comité, elles ne franchissent pas la limite – limite qu’il est tenu d’établir – au point qu’il soit nécessaire de mettre un frein à la liberté d’expression du radiodiffuseur. Cela ne signifie pas toutefois que dans le cas d’une chanson du genre, le radiodiffuseur ayant le choix de jouer une version plus douce ne tiendra pas compte des préoccupations de son auditoire. Les radiodiffuseurs se sont d’ailleurs montrés souvent très conscients de ce choix dans le passé. Cela pourrait se faire en passant la version modifiée (ce qu’a fait CIGLFM par égard pour son auditoire de Belleville et qui lui a mérité l’éloge du Comité de l’Ontario), ou encore en jouant la chanson à des moments où un auditoire susceptible aurait moins l’occasion de l’entendre.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant l’emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l’homme, à la télévision et ils s’attendent que leurs collègues les respectent. Ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 460 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant l’emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l’homme, à la télévision et ils s’attendent que leurs collègues les respectent. Ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 460 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.