Le Conseil des normes de la radiotélévision juge que la couverture d’une manifestation par des autochtones n’enfreint pas le Code

Ottawa, le 23 juin 2000 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a rendu sa décision aujourd’hui concernant trois épisodes des émissions de causerie Adler on Line et Afternoons with Larry Updike diffusées à l’antenne de CJOBAM de Winnipeg. Dans les épisodes visés, les animateurs et les interlocuteurs ont fait des commentaires au sujet du rôle qu’ont joué les chefs des Premières nations dans le cadre d’une manifestation qui s’est produite à l’Assemblée législative du Manitoba et aussi au sujet d’autres questions d’ordre général concernant les Premières nations. Dans une lettre de plainte détaillée, le grand chef de l’Assembly of Manitoba Chiefs allègue que certains des propos des animateurs et des interlocuteurs incitaient à la haine.

Le Conseil régional de l’Ouest a pris sa décision à la lumière du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs. Tout en admettant que l’effet cumulatif des propos prononcés dans le cadre des émissions en cause pourrait, dans certaines circonstances, constituer des commentaires discriminatoires de façon abusive quant à la race, l’origine ethnique ou nationale, le Conseil a jugé qu’il n’en constituait pas dans ce casci. Le Conseil a traité individuellement de certaines des allégations du plaignant, comme celles portant sur la nature violente des chefs, l’instigation de l’incident à l’Assemblée législative, l’emploi de gaz poivré par la police, la façon incorrecte dont les chefs et d’autres membres de la bande ont traité avec l’argent, la direction des chefs et le gouvernement des réserves. Le Conseil a jugé qu’il n’y avait pas eu d’infraction du Code dans le cas de toutes ces allégations, soit sur le plan individuel, soit sur le plan collectif. Le Conseil a conclu qu’en général, les allégations du plaignant étaient “exagérées, isolées et surreprésentées dans la plainte”.

Même si le Conseil n’a pas maintenu la plainte, il a toutefois fait remarquer qu’à certaines occasions une des journalistes de la station ne s’en était pas tenue strictement au reportage des nouvelles lorsqu’elle a donné son opinion personnelle sans préciser que c’était son propre point de vue. Le Conseil n’a toujours pas trouvé de violation et a déclaré “[qu’]exception faite des dérogations minimes notées plus haut où un écart est constaté entre le reportage des nouvelles et la communication d’une opinion personnelle (qui n’ont aucun lien avec les allégations de violation des droits de la personne), les déclarations de la journaliste quant aux facteurs qui ont motivé et instigué l’incident ne semblent pas irréguliers”. Le Conseil a également noté la collaboration toute particulière dont la station a fait preuve, d’abord par la façon dont elle a réagi à la plainte, et ensuite par l’invitation ouverte qu’elle a lancée aux chefs de l’Assembly de passer en ondes s’ils estimaient “qu’ils avaient été représentés de façon trompeuse ou qu’on diffuse des renseignements faux”.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, l’emploi de stéréotypes sexuels et la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent que leurs collègues les respectent. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code d’éthique journalistique adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 430 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR et tous les codes qu’administre le Conseil sont affichés à son site Web, à www.ccnr.ca, où l’on a aussi accès à d’autres renseignements pertinents, ainsi qu’aux sites des membres du Conseil et à d’autres sites d’intérêt.