Le Conseil des normes de la radiotélévision trouve que la diffusion du long métrage « Double Team », avant l’heure critique, constitue une violation du Code contre la violence

Ottawa, le 29 août 2000 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié sa décision aujourd’hui concernant la diffusion, à 20 h 00, du long métrage « Double Team » à l’antenne de CHMITV de Winnipeg. Un téléspectateur s’est plaint que le film présentait « le meurtre prémédité commis avec sang froid » et « la tuerie gratuite d’enfants. »

Le Conseil régional des Prairies a étudié la plainte à la lumière du Code d’application volontaire concernant la violence à la télévision de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). Il a d’abord constaté que les scènes de violence sont « des événements qui s’inscrivent dans le déroulement de l’intrigue et dans le sens de l’interprétation des personnages » et qu’elles ne sont « donc pas gratuites aux termes du Code. » Il a toutefois aussi conclu que sur un autre niveau « la nature et la portée de la violence présentée dans le film visent un auditoire adulte. » Par conséquent, le Conseil a jugé que le film n’aurait pas dû être diffusé avant l’heure critique de 21 h 00.

En ce qui concerne les mises en garde à l’auditoire, diffusées dans ce casci seulement avant la diffusion du film et après la première, la troisième et la cinquième pause commerciale, le Conseil a fait remarquer que le Code stipule que les mises en garde doivent être présentées « au début et pendant la présentation d’émissions diffusées hors de la plage des heures tardives et qui contiennent des scènes de violence qui ne conviennent pas aux jeunes enfants. » Le Conseil a conclu qu’en ayant décidé de diffuser le film avant l’heure critique, le télédiffuseur s’était, ironiquement, « imposé un fardeau plus lourd en ce qui concerne les mises en garde », puisqu’il faut, durant ces heures, diffuser des mises en garde « après chaque pause commerciale de l’émission. » Étant donné que la station n’a pas diffusé de mises en garde après la deuxième et la quatrième pause commerciale, le Conseil a trouvé que le télédiffuseur avait enfreint le paragraphe 5.2 du Code.

Finalement, le Conseil a également décidé que la cote « PG », attribuée au film par le télédiffuseur, n’était pas appropriée, et a fait remarquer que la cote « 14+ » aurait mieux correspondu au contenu violent du film :

Dans la description de la cote « PG », il est énoncé que : Même si cette émission vise un auditoire général, elle risque de ne pas être convenable pour les jeunes enfants (ayant moins de huit ans). Deuxièmement, les lignes directrices concernant la violence stipulent que « toute présentation d’un conflit ou d’un comportement agressif devra être modérée et limitée » et que « toute présentation du genre ne doit pas être prépondérante. » De l’avis du Conseil, [...] le film ne vise décidément pas un auditoire général. C’est un film à l’intention d’un auditoire adulte. Qui plus est, la violence présentée dans le film est loin d’être « modérée et limitée » [...]. Les lignes directrices visant la catégorie « 14+ » conviennent que « la violence peut être un des éléments dominants de l’intrigue » et que la programmation peut même « contenir des scènes de violence intenses. »

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, l’emploi de stéréotypes sexuels et la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent que leurs collègues les respectent. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code d’éthique journalistique adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 430 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR et tous les codes qu’administre le Conseil sont affichés à son site Web, à www.ccnr.ca, où l’on a aussi accès à d’autres renseignements pertinents, ainsi qu’aux sites des membres du Conseil et à d’autres sites d’intérêt. Pour de plus amples renseignements, communiquer avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.