Le montage inapproprié d’une remarque du premier ministre Bouchard enfreint l’éthique journalistique, selon le Conseil canadien des normes de la radiodiffusion

Ottawa, le 31 août 1998 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié aujourd’hui sa décision concernant le téléjournal du 8 août 1997 par CIII-TV (Global TV) qui contenait un topo sur la conférence des premiers ministres tenue à St-Andrews, au Nouveau-Brunswick. Un téléspectateur s’est plaint qu’une remarque du premier ministre Lucien Bouchard a été présentée hors contexte en raison d’un montage tronqué. Dans le reportage en question, M. Bouchard dit seulement que le débat sur l’unité nationale prévu dans le cadre de la conférence des premiers ministres à Calgary était « voué à l’échec avant même qu’il ne débute ». Or, le plaignant a noté que le propos complet du premier ministre était : [traduction] « Si on entame ce nouveau processus, qui n’est pas un processus essentiellement nouveau, avec l’idée que 65 pour cent des Québécois sont fédéralistes, eh bien, il est voué à l’échec avant même qu’il ne débute ».

Le Conseil régional de l’Ontario a examiné la plainte à la lumière des codes de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) et de l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Le Conseil a trouvé que le télédiffuseur avait enfreint les dispositions de ces codes qui requièrent l’exactitude des informations présentées et qui stipulent que les radiodiffuseurs « feront... en sorte que leurs émissions de nouvelles n’aient pas le caractère d’un éditorial » et « ne biaiseront pas la nouvelle ». Le Conseil a noté que « l’objectif fondamental de la diffusion d’information dans une démocratie est de permettre au public de se renseigner sur ce qui se passe et de comprendre les événements de l’actualité afin qu’ils puissent arriver à leurs propres conclusions ». Le Conseil a conclu ainsi :

En enlevant la première partie de la phrase du premier ministre, soit « Si on entame ce nouveau processus, qui n’est pas un processus essentiellement nouveau, avec l’idée que 65 pour cent des Québécois sont fédéralistes », Global n’a pas dit à son auditoire ce qui se passait réellement. En laissait uniquement « voué à l’échec avant même qu’il ne débute », Global a usurpé le droit démocratique du public d’en arriver à ses propres conclusions. Le montage, non pas d’un interview mais d’une seule phrase, a eu pour effet de déformer le sens de la remarque du premier ministre et d’enfreindre l’exigence de présenter « des nouvelles... avec exactitude, d’une manière objective, complète et impartiale ». En effet, Global a utilisé la remarque du premier ministre Bouchard, que celui-ci avait faite dans un seul et unique but – pour commenter la position que 65 pour cent des Québécois avaient voté pour des partis fédéralistes lors des dernières élections – à une autre fin, à savoir que toute conférence des premiers ministres sur l’unité nationale qui pouvait être proposée était vouée à l’échec.

Les radiodiffuseurs privés du Canada ont établi des normes pour l’industrie de radiodiffusion sous forme d’un code de déontologie, un code portant sur les stéréotypes sexuels et un code portant sur la violence à la télévision. Ils ont aussi créé le CCNR, qui est l’organisme d’auto-réglementation ayant la responsabilité d’administrer ces codes, ainsi que le code des pratiques journalistiques de l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 430 stations de radio et de télévision de l’ensemble du Canada sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens avec les sites Web des membres et d’autres sites ainsi que l’information connexe sont accessibles sur le Web au www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, communiquez avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.