Les animateurs n’ont pas discriminé contre l’ensemble les réfugiés, selon le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 16 février 1999 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié aujourd'hui sa décision concernant un épisode de The John and J.J. Show, émission qui est diffusée aux ondes de CFUN-AM (Vancouver). Dans l'épisode en question, les animateurs ont discuté de la politique canadienne sur les réfugiés à la lumière d'un crime commis par un réfugié. Cet homme était demeuré au pays, malgré un arrêt d'expulsion, parce que la Chine n'avait pas encore émis les documents de voyage nécessaires à son expulsion. Un auditeur a dénoncé les remarques des animateurs sur la politique d'immigration ouverte du Canada, en affirmant que celles-ci [traduction] « jetaient l'ombre du doute sur l'ensemble des immigrants » et s'avéraient [traduction] « irresponsables » puisqu'elles [traduction] « fomentaient la haine et la violence ».

Le Conseil régional de la C.-B. a examiné la plainte à la lumière du Code de déontologie de l'Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). Il n'a trouvé aucune violation du Code. Le Conseil a noté que « bien que John et J.J. n'aient pas mâché leurs mots pour exprimer le dégoût que leur a inspiré le meurtre sordide de Vancouver —lequel a été rendu possible par les délais bureaucratiques dans l'exécution de l'arrêt d'expulsion d'un citoyen chinois— les animateurs se sont assurés de ne pas ‘dépeindre du même coup de pinceau’ tous les réfugiés ou les immigrants. »

Le Conseil considère qu'étant donné les circonstances, cette discussion de John et de J.J. sur la politique d'immigration du Canada et sur le cas précis de Wing Fu Hau n'est pas tombée dans le commentaire dit abusivement discriminatoire. Précisément, le Conseil estime que l'utilisation par les animateurs de l'analogie de la « poubelle » et des « rebuts » n'a pas constitué une violation des codes. Au contraire, l'analogie, selon le Conseil, n'a pas servi à discriminer contre l'ensemble des réfugiés mais a plutôt aidé les animateurs à dénoncer les imperfections de la politique sur l'immigration ouverte du Canada. Le Conseil a noté que, bien que la liberté d'expression a ses limites au Canada, la liberté de critiquer les politiques et les pratiques gouvernementales est un exemple clé de la liberté d'expression qui, à certains égards, est la racine même de ce droit dans un système démocratique. Par conséquent, le droit de remettre en question les politiques du Gouvernement sera maintenu à moins que, en exerçant ce droit, un autre droit fondamental —tel que, par exemple, le droit des membres d'un groupe identifiable de vivre à l'abri de l'abus— est enfreint. Dans ce dossier, le Conseil trouve que l'exercice de la liberté d'expression par les animateurs John et J.J. doit primer sur toute possibilité, comme le suggère le plaignant, que les remarques « jetaient l’ombre du doute sur l’ensemble des immigrants ».

Les radiodiffuseurs privés du Canada ont établi des normes pour l'industrie de radiodiffusion sous forme d'un code de déontologie, un code portant sur les stéréotypes sexuels et un code portant sur la violence à la télévision. Ils ont aussi créé le CCNR, qui est l'organisme d'auto réglementation ayant la responsabilité d'administrer ces codes, ainsi que le code des pratiques journalistiques de l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 430 stations de radio et de télévision de l'ensemble du Canada sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens avec les sites Web des membres et d'autres sites ainsi que l'information connexe sont accessibles sur le Web au www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, communiquez avec le président national du CCNR, Ron Cohen, au (###) ###-####.